Certes plus réjouissant, le voyage de la flamme olympique aurait éclipsé le Jour du Dépassement, cette date à laquelle la France a consommé l’ensemble des ressources naturelles que la planète peut lui fournir en un an.
Qu’est-ce que le Jour du Dépassement ?
Le Jour du Dépassement, « Earth Overshoot Day » en anglais, est une date symbolique calculée pour illustrer le moment où l’humanité a consommé l’ensemble des ressources naturelles que la Terre peut renouveler en une année. Passée cette date, l’humanité vit « à crédit » en surexploitant les ressources naturelles (forêts, poissons, eau douce, etc.) et en émettant plus de dioxyde de carbone que les écosystèmes ne peuvent absorber.
Le concept de dépassement a été développé par The Global Footprint Network, organisation de recherche internationale qui promeut une gestion durable des ressources naturelles. Le calcul du Jour du Dépassement se base ainsi sur l’empreinte écologique mondiale, qui mesure la demande en ressources de l’humain, ainsi que la « biocapacité », soit la faculté des écosystèmes à régénérer ces ressources.
Chaque année dans le monde, le Jour du Dépassement est atteint de plus en plus tôt, révélant de façon alarmante un mode de consommation excessif et peu durable.

Depuis le 7 mai, la France vit à crédit écologique
La date du 7 mai 2024 marque le Jour du Dépassement en France, triste nouvelle qui semble avoir été reléguée aux oubliettes, en partie éclipsée par l’arrivée de la flamme olympique à Marseille.
Pourtant, cet événement marque un tournant décisif dans l’épuisement des ressources de notre pays. Et pour cause : si la population mondiale vivait en adoptant le même mode de vie que nous, l’humanité aurait besoin de presque trois planètes pour satisfaire l’ensemble de ses besoins.
De plus, du fait de la consommation excessive des Français (85% de plus que les écosystèmes peuvent renouveler), les ressources utilisées doivent généralement être importées. La dépendance de notre pays, mais aussi celle de l’Europe toute entière à l’égard du reste du monde s’avère alors considérable. Et la potentielle relocalisation des mines qu’envisage l’Union européenne est loin d’être la solution : les conséquences sur la biodiversité, la santé des sols et de l’eau seraient dévastatrices.

