in

À compter de ce jeudi 28 juillet, l’humanité vit à crédit pour le reste de l’année

pollution europe
Crédits : schissbuchse/Pixabay

Ce 28 juillet marque le jour du dépassement de la Terre. Autrement dit, l’humanité a déjà « dépensé » toutes les ressources renouvelables de notre planète pour cette année. Si le concept suscite encore diverses contestations, il n’en reste pas moins symbolique.

Au début du mois, vous touchez votre paye. Et parfois (souvent ?), vous dépensez tout votre argent avant la fin du mois. Vous prenez alors un peu d’argent sur votre compte épargne, si tant est que vous en ayez de côté. Avec notre planète, c’est un peu pareil. Les humains disposent chaque année d’un « budget écologique » à ne pas dépasser. Avant les années 1970, nous restions dans les limites de ce que notre planète pouvait nous offrir. Ce n’est à présent plus le cas.

Si l’année 2020 a fait exception en raison des différents confinements liés à la pandémie de Covid-19, ce fameux jour de dépassement intervient de plus en plus tôt chaque année. Pour 2022, le nouveau rapport du Global Footprint Network nous affirme que l’humanité vit désormais à crédit à partir de ce jeudi 28 juillet, et ce, pour le reste de l’année. À titre de comparaison, il y a vingt ans, en 1999, le jour du dépassement se fixait par exemple au 29 septembre.

États-Unis et Inde : le grand écart

Pour tenir le rythme actuel de notre consommation de ressources, il faudrait pas moins de 1,75 planète Terre. Et ce n’est ici qu’une moyenne. En effet, toutes les nations ne consomment pas de la même façon. Le jour du dépassement de la France a par exemple eu lieu le 5 mai dernier. Si nous devions ramener le reste du monde à la consommation française, nous aurions alors besoin de 2,7 planètes comme la Terre pour subvenir à nos besoins. Les États-Unis consommeraient quant à eux plus de cinq planètes Terre.

À l’inverse, certaines nations comme le Vietnam, le Niger, le Maroc ou la Jamaïque arriveraient quasiment à l’équilibre avec un jour du dépassement qui se situerait fin décembre. D’autres auraient même encore de la marge. L’Inde ne consommerait par exemple en moyenne que 0,7 planète Terre.

forêts jour de dépassement
Crédits : Pixabay.

Le Global Footprint Network calcule l’offre de la nature sous forme de biocapacité, la quantité de ressources que la planète régénère chaque année et la compare à la demande humaine. Ce concept a suscité diverses contestations au cours de ces dernières années, certains évoquant un manque de cohérence et de manque de rigueur dans la collecte et le calcul des données. Si l’approche n’est effectivement pas parfaite, elle n’en reste pas moins une manière intelligente et succincte d’exprimer les problèmes combinés auxquels nous sommes confrontés.