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Les prochains JO d’hiver de Pékin, une aberration écologique

Crédits : ake1150sb / iStock

Au même titre que Pékin est la seule ville la première ville de l’histoire à avoir décroché l’organisation des Jeux olympiques d’été et d’hiver, il s’agira aussi de la toute première fois que des JO se dérouleront avec 100 % de neige artificielle.

Une région souffrant d’un important stress hydrique

Le sport et l’écologie ne font parfois pas bon ménage. Citons par exemple la prochaine coupe du monde de football qui se déroulera en fin d’année 2022. Durant cet événement, les matchs se dérouleront dans des stades climatisés. Évidemment, le coût énergétique de la climatisation des stades relève pour beaucoup d’observateurs de l’aberration écologique. Toutefois, les sports d’hiver sont également concernés, notamment avec des événements de premier plan tels que les Jeux olympiques. À Sotchi (Russie) en 2014, la neige était artificielle à 80 %, une valeur ayant atteint les 90 % lors des JO de Pyeongchang (Corée du Sud) en 2018.

Comme l’explique Bloomberg, les JO d’hiver de Pékin (4 au 17 février) se distingueront quant à eux par une neige 100 % artificielle. Or, si la capitale chinoise est la première à avoir décroché l’organisation des jeux d’été (2008) et des jeux d’hiver (2022), ces mêmes jeux d’hiver se dérouleront pour la toute première fois avec une neige entièrement artificielle. Il faut savoir que les jeux de Pékin se tiendront en partie près de Zhangjiakou, dans la province du Hebei. Or, l’ONG China Water Risk indiquait déjà en 2019 que cette région était très aride, souffrant d’un important stress hydrique. En effet, il n’y a pratiquement pas d’eau. Depuis quatre décennies, les précipitations y sont de seulement 7,9 mm en moyenne durant la saison hivernale.

stress hydrique chine
Crédits : China Water Risk

Deux millions de mètres cubes d’eau pour ces JO d’hiver

Ainsi, entretenir un complexe touristique autour des sports d’hiver nécessite d’utiliser des canons à neige afin de couvrir les pistes. L’enjeu dépasse d’ailleurs la tenue des JO d’hiver de 2022. En effet, le gouvernement compte sur le complexe pour tenter d’apporter des revenus dans cette région agricole en proie à la pauvreté. De plus, l’air sec affecte l’efficacité de ces canons. Ainsi, les opérateurs y ajoutent des produits chimiques afin de favoriser la cristallisation de l’air froid.

L’organisation de l’événement impliquera donc l’utilisation de deux millions de mètres cubes d’eau, soit l’équivalent de 800 piscines olympiques. De plus, la fonte de cette neige artificielle pourrait perturber les écosystèmes en aval des stations. Évoquons également la présence de réserves d’eau que les autorités ont constituées pour atténuer la consommation hydrique. Néanmoins, elles seront certainement insuffisantes.