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Il y a 45 ans, Jimmy Carter recevait une note qui aurait pu éviter la crise climatique actuelle

Crédits : Picryl / Library of Congress

En 1977, le président américain de l’époque avait reçu sur son bureau une note importante. Ce document alertait de manière précoce à propos des dangers des émissions mondiales de CO2 sur l’environnement. Seulement, malgré l’adoption de quelques mesures, cette note n’aura jamais l’effet escompté.

Une note très pertinente

Aujourd’hui, la crise climatique est une réalité et une importante source d’inquiétude. Canicules, sécheresses, inondations, fonte des glaces, etc., tout porte à croire que les activités humaines, dont les rejets de CO2, sont responsables de cette crise sans précédent. Et si tout cela avait pu être évité il y a quelques décennies ? Ce 14 juin 2022, le quotidien britannique The Guardian a publié une note déclassifiée que le président Jimmy Carter aurait reçue en 1977. Celle-ci, baptisée « Libération de CO2 fossile et possibilité d’un changement climatique catastrophique », expliquait déjà clairement qu’il existait des risques de voir survenir une crise climatique dans un futur proche.

L’auteur de cette note est le physicien Frank Press, conseiller scientifique en chef du président Carter. Il avait donc évalué ce genre de risques, mais peut-être un peu trop à l’avance sur son temps. Pourtant, ces analyses pertinentes se trouvaient bien sur la même ligne que les projections de la communauté scientifique de l’époque à propos des énergies fossiles.

« L’urgence du problème vient de notre incapacité à passer rapidement à une source non fossile d’énergie dont les effets négatifs deviendront incontestables peu après l’an 2000 » peut-on lire dans cette fameuse note.

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Crédits : Guardian Media Group / document déclassifié

Un contexte défavorable

Jimmy Carter n’était pas climatosceptique et s’était même construit l’image d’un président intéressé par l’écologie. Il fut par exemple le premier président à installer des panneaux solaires à la Maison-Blanche. L’homme a également proposé un plan national pour le développement des énergies renouvelables. Or, aussi incroyable que cela puisse paraître, le document de Frank Press n’a jamais été totalement pris en compte. Le président a tout de même proposé quelques mesures suite à cette note, comme le lancement des premiers nettoyages des déchets toxiques à échelle fédérale ou encore la création de normes pour l’économie du carburant.

Malheureusement, le contexte de la présidence de Jimmy Carter a rapidement fait passer l’écologie au second plan. En premier lieu, il faut citer la crise pétrolière mondiale de 1973, que le président tentera de régler en partie en boostant la production pétrolière des États-Unis. Le coup de grâce interviendra avec l’arrivée du successeur de Jimmy Carter, à savoir le controversé Ronald Reagan. Ce dernier a définitivement retiré la note de Frank Press.

Malgré les quelques mesures du président Carter, la note aura été utile dans l’influence d’un personnage en particulier : Stuart E. Eizenstat, conseiller en chef de la politique intérieure de Carter de 1977 à 1981. Après avoir pris connaissance du document, il a assumé le rôle de négociateur principal des États-Unis lors de l’important Protocole de Kyoto (1995). Ainsi, la note aura été quelque peu influente à l’époque, mais aurait pu réellement changer la donne et éviter la crise actuelle, ce qui n’a évidemment pas été le cas.