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Un jeune français met au point un bois hybride aux propriétés exceptionnelles

Crédits : Timothée Boitouzet CEO Woodoo - World Economic Forum - Flickr

Trois fois plus rigide que le bois classique et bien plus résistant au feu, telles sont, entre autres, les propriétés de ce bois hybride mis au point par Timothée Boitouzet, un français de 29 ans, qui vient de remporter le prix MIT des Innovateurs de moins de 35 ans.

Selon l’ONU, d’ici à 2100, nous serons environ 12 milliards de personnes à partager la planète Terre et à cohabiter, et dans moins de 15 ans, 3 milliards de personnes à travers le monde auront des difficultés à trouver un logement décent. Dans ce contexte, il est nécessaire de trouver des solutions durables et économiquement viables en terme de logement. L’utilisation du bois est encouragée, notamment en France par le ministère de l’Environnement, seulement, ce matériau a ses limites, étant moins solide que le béton, inflammable et sensible aux intempéries.

Ainsi, un jeune architecte français, Timothée Boitouzet, fondateur de la start-up française Woodoo, a mis au point un traitement pour bois composite imputrescible optimisant les propriétés du bois classique, puisqu’il le rend trois fois plus rigide et bien plus résistant au feu. Une innovation qui lui a valu de remporter la semaine dernière le prix MIT des Innovateurs de moins de 35 ans, et qui pourrait, à terme, offrir des solutions dans le secteur de la construction. Parmi les nouvelles propriétés offertes au bois par ce biais, notamment, la capacité de le rendre translucide.

C’est au Japon que Timothée Boitouzet puise son inspiration. « J’ai exercé là-bas pendant 2 ans et j’ai été frappé par la manière dont ils jouent avec les matériaux et la lumière », explique-t-il. Là-bas, il a souvent collaboré avec des cabinets spécialistes dans l’utilisation du verre ou encore du marbre fin. « Quand on voit ce qui est faisable avec des matériaux non transformés, on imagine le champ des possibles si l’on utilise la technologie pour les modifier! »

La mise au point de son procédé pour le bois passe par les États unis, où il collabore avec le département de biologie moléculaire et de chimie organique d’Harvard, le Wyss Institute et le Medialab du MIT (Massachusetts Institute of Technology). Deux années auront été nécessaires pour mettre au point ce nouveau bois, dont la clé se trouve dans l’air. « Selon les essences, le bois est composé de 60 à 70 % d’air. Dans ces interstices, il est possible de “couler” un autre matériau, ce qui a pour effet de renforcer sa structure ».

La lignine (polymère naturel assurant la rigidité des plantes) est retirée du bois d’origine, afin de laisser passer la lumière. Ensuite, le bois est imprégné par une molécule d’origine naturelle qui polymérise pour former du plastique. Cela donne, et cela même pour un échantillon assez épais, un bois translucide. « La transparence varie selon les essences que l’on utilise », déclare Timothée Boitouzet.

« Dans un premier temps, nous ciblerons le marché du design, mais assez vite, nous allons nous tourner vers le secteur de la constructionL’idée n’est pas seulement de remplacer le bois utilisé actuellement, mais aussi d’autres matériaux comme le béton dans certains cas. Le bois est le matériau d’avenir pour la construction. L’acier était le matériau du 19e siècle, le ciment celui du 20e, le bois sera celui du 22e siècle » confie le jeune architecte.

Source : innovatorsunder35