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Le jeu Tétris efficace pour soulager du syndrome de stress post-traumatique

Crédits : Comfreak / Pixabay

L’indémodable jeu de réflexion Tétris, vieux de 31 ans, a été le sujet d’une étude britannique qui a mis en évidence l’aide que ce jeu est capable d’apporter aux personnes qui souffrent de troubles de stress post-traumatique.

Le trouble de stress post-traumatique (ou TSPT) désigne une réaction psychologique provoquant des troubles anxieux sévères qui se manifestent à la suite d’une expérience vécue comme traumatisante, physiquement ou psychologiquement (accident grave, mort violente, viol, agression, maladie grave, guerre, attentat, etc.).

Dans une étude parue dans la revue Psychological Science, menée par l’équipe d’Emily Holmes de l’université de Cambridge (Royaume-Uni), il est avéré que le célèbre jeu de réflexion Tétris, inspiré par Alekseï Pajitnov et sorti il y a maintenant 31 ans, est d’une aide précieuse pour les personnes qui souffrent de troubles de stress post-traumatique. Pour parvenir à avancer cela, l’équipe s’est penchée sur deux séries d’expériences.

La première a conduit 52 personnes à visionner un film de 12 minutes, dont certaines scènes recréaient les conditions d’un traumatisme, comme des accidents de voiture, ou une blessure profonde. Le lendemain, les chercheurs ont demandé aux participants de répondre à un questionnaire portant sur leurs souvenirs intrusifs du film. Une moitié a ensuite passé 12 minutes à jouer à Tetris et enfin, tous les volontaires ont été invités à rédiger un carnet de bord pendant une semaine dans lequel ils devaient retranscrire un souvenir intrusif de la vidéo dès que celui-ci se manifestait.

La réactivation du souvenir est indispensable pour que le jeu soit efficace

La seconde expérience reprenait le protocole de la première, mais il a été complété par les chercheurs qui ont demandé à certains volontaires de jouer à Tetris sans avoir regardé la vidéo, quand d’autres ne visionnaient que le film. Résultat, jouer à Tétris est d’une aide précieuse pour réduire le nombre de souvenirs douloureux, mais à une condition : la réactivation du souvenir est indispensable pour qu’il soit efficace.

« Même si les personnes préfèrent oublier les souvenirs traumatisants, elles ont intérêt à les ramener, sous certaines conditions, pour les rendre moins intrusifs », affirme Ella James, co-auteur de l’étude. « Actuellement, les traitements pour soigner le syndrome de stress post-traumatique sont prescrits un mois après l’événement traumatique, pour être sûr du diagnostic, mais nous manquons de traitements préventifs qui puissent être donnés plus tôt », conclut Emily Holmes.

Source : psychologicalscience