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Le Japon pourrait lancer un “satellite en bois” dès 2023

Crédits : Université de Kyoto

Aussi étrange que cela puisse paraître, des chercheurs japonais prévoient de lancer un premier satellite de télécommunications en bois dès 2023. Ceci dit, leur projet présente encore de nombreuses zones d’ombres.

Des satellites en bois ?

Il y a quelques semaines, des chercheurs de l’Université de Kyoto, en partenariat avec l’entreprise japonaise Sumitomo Forestry, ont annoncé leur intention de construire – puis de libérer dans l’espace – un satellite en bois, peut-on lire dans un article de la BBC. Si le bois présente effectivement de nombreuses qualités en tant que matériau de construction, cette idée d’un “WoodSat” a depuis été largement critiquée.

Tout d’abord, parce que beaucoup ont imaginé cette approche en tant que réponse au problème croissant des débris spatiaux en orbite terrestre basse.

On dénombre actuellement plus de 34 000 débris spatiaux artificiels de plus de dix centimètres en orbite autour de la Terre. Ces objets, qui filent dans l’espace à plus 7,8 kilomètres par seconde, constituent une vraie menace pour les satellites actifs et autres occupants de l’ISS. Rien qu’en 2019, la Station spatiale internationale a dû utiliser ses propulseurs pour esquiver un morceau de débris à trois reprises.

Ceci étant dit, le fait est que ces objets ou débris, qu’ils soient en métal, en plastique ou en bois, fileront toujours à la même vitesse et représenteront toujours un danger potentiel.

Que diriez-vous alors d’aborder la question de la rentrée atmosphérique des satellites ? L’idée de proposer des objets en bois capables de se désintégrer plus facilement que les débris traditionnels peut paraître plus intéressante que de simplement tenter de répondre au problème croissant des débris spatiaux en orbite terrestre. Après tout, les satellites intègrent beaucoup de composés exotiques – parfois toxiques – susceptibles de polluer encore davantage notre planète.

Malheureusement, là encore, le fait de fabriquer un cadre en bois pourrait ne pas changer grand-chose, dans la mesure où l’électronique contenue à l’intérieur devra toujours être faite de composés conducteurs.

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Des débris de micro-météorites frappent l’une des coupoles de l’ISS. Crédits : NASA

Un peu plus “pratique”

Un éventuel avantage à ces possibles “Woodsat” serait que le bois est un matériau largement “transparent” aux ondes radio, ce qui signifie que les constructeurs pourraient maintenir la plupart des antennes de communication et de recherche à l’intérieur de leur cadre. Autrement dit, nous n’aurions plus forcément besoin de déployer ces instruments souvent très encombrants après avoir atteint l’orbite. D’autant que ces “échecs du déploiement” ont déjà eu raison de nombreux satellites. Ici, ce ne serait donc plus un problème.

Nous ignorons également encore quel type de bois sera privilégié. Ce dernier, exposé à de fortes fluctuations de température une fois dans l’espace, devra néanmoins présenter une faible dilatation thermique.

C’est à peu près tout ce que nous savons pour le moment, si ce n’est que les chercheurs japonais prévoient d’imaginer plusieurs designs dans les mois à venir, avant d’opérer un premier lancement dès 2023. D’ici là, d’autres précisions pourront être apportées.