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Japon : qui sont les “réfugiés” des cybercafés ?

Crédits : capture YouTube / Euronews

Au pays du Soleil Levant, les cybercafés on la cote depuis de nombreuses années. Il est possible d’y séjourner la nuit entière, si bien qu’une clientèle plutôt spéciale s’y est développée. En effet, depuis une dizaine d’année, un phénomène prend de l’ampleur : la présence de clients permanents, parfois qualifiés de “réfugiés”.

À quoi ressemblent ces cybercafés ?

Si la notion de cybercafé en France n’a plus vraiment de sens, c’est loin d’être le cas au Japon. Il est question d’établissements ouverts 24h/24, proposant des forfaits à l’heure ou pour la nuit. Il faut savoir que rester dans ce genre d’endroit pour la nuit est financièrement plus intéressant que de louer une chambre d’hôtel, et parfois même moins onéreux que de dormir dans un hôtel capsule.

Le forfait comprend une connexion Internet et un accès à des jeux-vidéos, des films et des mangas. Le client a également droit à des boissons à volonté et peut trouver de quoi manger sans sortir de l’établissement. Chaque client bénéficie d’un box individuel, ce qui permet d’avoir un peu d’intimité. Les cybercafés japonais accueillent même parfois des prostituées ou des salarymen ayant raté leur dernier train. Depuis quelque temps, ces établissements ont commencé à proposer des douches et du matériel de toilette. Il s’agit donc véritablement d’un moyen de repli en cas de besoin.

box cybercafé japon
Crédits : capture YouTube / Euronews

Pourquoi parle-t-on de “réfugiés” ?

Un phénomène ayant vu le jour il y a dix ans ne cesse de prendre de l’ampleur. En effet, des clients vivent en permanence dans ces cybercafés ! Certains sont là depuis quelques semaines, d’autres depuis plusieurs mois. Selon un article du Japan Times publié en 2018, ces “réfugiés” des cybercafés sont près de 4 000 dans la capitale, Tokyo. Le fait est que de nombreux travailleurs n’ont pas les moyens d’accéder à un logement digne de ce nom en raison de l’envolée des loyers dans la plus grande ville du monde.

Ce problème inhérent à l’inaccessibilité des loyers se conjugue avec un changement dans le monde du travail. Avant, les entreprises avaient pour habitude de recruter leurs employés directement à la sortie de l’université. Désormais, cela est beaucoup moins le cas et les contrats précaires sont nombreux. Depuis l’éclatement de la bulle économique à la fin des années 1990, la quantité de ce type de contrat a doublé pour atteindre une part de 40 % de l’ensemble des contrats !

Par ailleurs, ces travailleurs précaires ne bénéficient pas de protection sociale. Et pour cause, ceux-ci sont considérés comme des personnes sans domicile. Or, prétendre à des aides n’est possible que si l’on dispose d’un logement personnel. Enfin, il faut savoir que parmi ces réfugiés des cybercafés se trouvent des personnes ayant tout de même un logement. Celles-ci ont donc les moyens mais viennent de leur plein gré, principalement pour combler l’ennui.

Voici un reportage complet sur le sujet publié par Euronews en 2015 :

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