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Changement climatique : le Japon vise la neutralité carbone d’ici 2050

Crédits : meguraw645/pixabay

Le Japon souhaite atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. La troisième économie mondiale, qui a signé l’accord de Paris en 2015, était le sixième plus gros émetteur de gaz à effet de serre au monde en 2018.

La Chine, premier pays émetteur de gaz à effet de serre, fera plafonner ses émissions de gaz à effet de serre avant 2030, avant d’aborder la neutralité carbone d’ici 2060. Telle est la promesse faite par le Président chinois Xi Jinping par vidéoconférence il y a quelques semaines lors de l’Assemblée générale des Nations Unies. Cette annonce a été particulièrement saluée, malgré cette échéance lointaine. Il y a quelques jours, c’était au tour du Japon d’afficher (enfin) ses ambitions climatiques.

« Nous ramènerons la quantité totale de gaz à effet de serre (émis par le Japon) à zéro net d’ici 2050« , a déclaré ce lundi 26 octobre le Premier ministre nippon Yoshihide Suga dans son premier discours politique au parlement depuis son entrée en fonction. « Réagir face au changement climatique n’est désormais plus une entrave à la croissance économique« , a-t-il ajouté sous les applaudissements des législateurs.

« Le moment est venu pour le Japon d’afficher ses plans »

La troisième économie mondiale était le sixième plus gros émetteur de gaz à effet de serre au monde en 2018, selon l’Agence internationale de l’énergie. Et pour cause, depuis l’effondrement de Fukushima, et l’arrêt de plusieurs réacteurs nucléaires, le pays s’appuie principalement sur les combustibles fossiles pour produire de l’énergie. Le Japon dispose encore de 140 centrales au charbon en service, qui fournissent un tiers de sa production totale d’électricité.

Le Japon a bel et bien signé l’accord de Paris en 2015. Malgré tout, le pays avait jusqu’à présent affiché des intentions « timides » à l’égard de la planète, se fixant un objectif de parvenir à une réduction de 80% des émissions d’ici 2050, puis à une neutralité carbone « dès que possible », probablement dans la seconde moitié du siècle. Ces annonces, jugées trop molles, avaient alors été critiquées par les militants pour le climat.

Takaharu Niimi, spécialiste du changement climatique au Japan Research Institute, souligne que cette nouvelle annonce du Premier ministre nippon s’inscrit désormais dans une démarche mondiale marquée en faveur de l’environnement. « Compte tenu de la tendance internationale, je pense que le moment est venu pour le Japon d’afficher ses plans« , a-t-il déclaré à l’AFP.

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Crédits : ZOman/pixabay

Yoshihide Suga n’a pas donné de détails précis sur la manière dont le Japon atteindra cet objectif. Il a toutefois souligné que le salut viendra par « la technologie » et « l’innovation« , citant notamment en exemple les batteries solaires de nouvelle génération. À cette fin, le plan énergétique du pays, qui visait à ce que 22% à 24% des besoins énergétiques du pays soient satisfaits par des sources renouvelables d’ici 2030, est en cours de révision. Le but sera de proposer un plan encore plus ambitieux.