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Japon : la situation des “hikikomori” s’est aggravée avec le coronavirus

Crédits : capture YouTube / L'Effet Papillon

Au pays du soleil levant, les “hikikomori” sont plusieurs centaines de milliers. Ces personnes ont du jour au lendemain décidé de rester au domicile familial par refus du monde extérieur. Or, ce phénomène nippon débordant sur d’autres pays a connu un regain d’intensité avec l’actuelle pandémie de Covid-19.

Un refus de la société

Au Japon, le marché du travail est impitoyable, surtout depuis l’explosion de la bulle spéculative au début des années 2000. Les étudiants diplômés ne trouvent pas toujours du travail après leurs études et risquent de devoir surfer entre les petits boulots une grande partie de leur vie. Certaines personnes abandonnent et deviennent des “hikikomori”.

Il s’agit d’un véritable état psychosocial et familial consistant à se retirer du monde. Se sentant accablés par la société, ces personnes ont le sentiment de ne pas pouvoir accomplir leurs objectifs de vie. Ainsi, il peuvent passer des mois voire des années dans une chambre et sortent seulement pour satisfaire des impératifs. Ces hommes et femmes d’âge moyen seraient environ 620 000 au Japon, selon un article publié par Bloomberg le 1er octobre 2020. Ce phénomène est en constante augmentation puisqu’en 2010, le pays comptait environ 230 000 hikikomori.

Par ailleurs, il y a eu un récent nouveau coup de projecteur sur ce type de personnes. En mai 2019, un homme d’une cinquantaine d’années a utilisé un couteau pour tuer deux personnes et en blesser 18 autres avant de se suicider. Au chômage depuis plusieurs années, l’homme était un hikikomori vivant avec son oncle.

Hikikomori 1
Crédits : Francesco Jodice / Wikipedia

La pandémie aggrave la situation

La pression du monde du travail s’accompagne d’une baisse du nombre de personnes mariées. En 1990, environ 5 % des Japonais n’étaient pas mariés contre 10 % pour les femmes en 2015 et 20 % pour les hommes. Néanmoins, il semble que l’actuelle pandémie de Covid-19 n’arrange rien à la situation. En effet, de grandes entreprises locales telles que Japan Airlines et HIS ont récemment stoppé leur recrutement de jeunes diplômés. Pas moins de 78 % des diplômés japonais ont d’ailleurs déclaré que la pandémie était un frein à leur recherche d’emploi.

Il faut savoir que le phénomène existe aussi en France, comme l’explique un article publié par Le Monde en 2012. En ce qui concerne ce phénomène et la crise actuelle, un article du CNRS Journal de juin 2020 a questionné une psycho-sociologue française. Il s’agissait de savoir si le confinement avait fait de nous des hikikomori. La spécialiste avait estimé que le confinement nous avait été imposé, si bien qu’il est impossible de parler d’un retrait volontaire du monde. Néanmoins, certaines personnes ont bien vécu cette période de réclusion et se sont constitués une bulle. Toutefois, certains ont aujourd’hui du mal à sortir de cette dernière.