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Le Japon s’apprête à livrer sur Terre ses échantillons d’astéroïde

Illustration de la sonde Hayabusa2 en train de larguer sa capsule d'échantillons. Crédits : JAXA

La sonde Hayabusa2 sera de retour le 6 décembre prochain pour nous livrer ses échantillons de l’astéroïde Ryugu. Mais ce ne sera pas la fin de son voyage.

Une mission exceptionnelle

En 2019, la sonde japonaise Hayabusa2 s’est posée à deux reprises sur l’astéroïde Ryugu, une roche de 900 mètres de diamètre, dans le but de récolter des échantillons et les ramener sur Terre. Une première fois en février pour collecter de la poussière de surface, puis en juillet pour s’attaquer à des matériaux souterrains. Ces manœuvres effectuées avec succès, la sonde a finalement entamé son voyage de retour en novembre 2019. Elle s’apprête aujourd’hui à livrer son précieux “colis” en Australie, au Woomera Range Complex, une installation dirigée par la Royal Australian Air Force.

L’opération, qui doit avoir lieu le 6 décembre prochain, ne sera pas une mince affaire. Il est en effet prévu que la sonde largue sa capsule à environ 220 000 km de la Terre. Protégée par un bouclier thermique, celle-ci se transformera ensuite en “boule de feu” dès sa rentrée atmosphérique à environ deux cent kilomètres au-dessus du sol.

À environ dix kilomètres d’altitude, un parachute s’ouvrira alors pour préparer son atterrissage et des signaux de balise seront transmis pour indiquer son emplacement. Des antennes paraboliques disséminées par la JAXA à plusieurs endroits permettront de capter ces signaux. Des radars marins, des drones et des hélicoptères déployés aideront également à la mission de recherche et de récupération. Pour information, cette capsule ne mesure qu’une quarantaine de centimètres de diamètre.

Une mine d’informations

Les scientifiques de l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale estiment que les échantillons contiennent des données précieuses non affectées par le rayonnement spatial et d’autres facteurs environnementaux. Aussi, les chercheurs sont impatients de pouvoir analyser ces véritables “capsules temporelles” quasiment inchangées depuis 4,5 milliards d’années. Ces échantillons pourraient en effet apporter un éclairage considérable sur la formation du Système solaire, mais également sur le rôle joué par ces objets dans l’apparition de la vie sur notre planète.

Dans cet esprit, Makoto Yoshikawa, responsable de la mission du projet Hayabusa2, s’est dit particulièrement intéressé par l’analyse des matières organiques dans les échantillons de Ryugu. « Ces matières sont à l’origine de la vie sur Terre, mais nous ne savons toujours pas d’où elles viennent », a-t-il déclaré. « Nous espérons trouver des indices en analysant les échantillons rapportés par Hayabusa2 ».

Hayabusa2 japon astéroïde
Une image de fichier du 22 février 2019 publiée par l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale (JAXA). On y voit l’ombre du vaisseau spatial Hayabusa2 après son atterrissage réussi sur l’astéroïde Ryugu. Crédits : JAXA

Une autre cible visée

Toutefois, ce ne sera pas la fin de l’histoire. Une fois cette opération terminée, Hayabusa2 poursuivra en effet son chemin dans l’espace pour se diriger vers un autre petit astéroïde lointain appelé 1998 KY26. Il s’agit d’une petite roche à rotation rapide d’environ trente mètres de diamètre située entre les orbites de Mars et de la Terre. Elle devrait l’atteindre dans une dizaine d’années environ.

Pour rappel, il est également prévu que la sonde OSIRIS-REx de la NASA, qui s’est attaquée aux échantillons de l’astéroïde Bennu le 20 octobre dernier, revienne sur Terre le 24 septembre 2023. La capsule doit normalement se poser dans le désert de l’Utah, aux États-Unis.