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Le Webb Telescope exécute l’une de ses manoeuvres les plus critiques

james webb telescope
Crédits : ESA/CNES

Un peu plus de douze heures après le lancement d’Ariane 5, les propulseurs du James Webb Telescope se sont déclenchés avec succès pour corriger sa trajectoire. Il s’agissait de l’une des manœuvres les plus critiques de ce voyage long de plusieurs semaines en direction du point L2.

Après plusieurs années d’attente, c’est enfin fait ! Ce samedi 25 décembre à 13h20, heure française, de nombreux ingénieurs, astronomes et passionnés ont retenu leur souffle pendant plusieurs minutes alors que s’élançait Ariane 5 depuis la Guyane. Dans sa coiffe se trouvait le plus grand et le plus puissant observatoire spatial de toute l’histoire. Son objectif : étendre nos savoirs sur l’Univers et pourquoi pas lever le voile sur certains des mystères les plus persistants de l’astrophysique.

En attendant, il convient d’arriver sur place, autour du point de Lagrange 2, à plus d’1,5 million de kilomètres de la Terre. Au cours de ce voyage, le Webb Telescope devra par ailleurs opérer plusieurs manœuvres essentielles.

Correction de trajectoire

L’une d’elles a été exécutée avec succès environ 12,5 heures après le lancement. Alors qu’il se trouvait à environ 160 000 km de la Terre, l’observatoire a en effet exécuté une brûlure de ses propulseurs pour corriger sa trajectoire, s’assurant ainsi qu’il atteindrait sa destination en toute sécurité.

La correction de trajectoire est une opération assez courante dans les heures qui suivent le lancement d’un vaisseau. En général, ces manœuvres impliquent de se retourner dans le but de ralentir. Dans le cas du Webb Telescope, cela était impossible, car ses instruments ultrasensibles auraient été exposés au Soleil.

Ainsi, l’observatoire ne pouvait qu’augmenter sa vitesse. En prévision, la séquence de lancement de l’observatoire a été conçue pour fournir juste un peu moins de puissance que nécessaire plutôt que juste un peu plus. Cette brûlure, surnommée Mid-Course Correction Burn 1a (ou MCC1a), a donc été l’occasion pour l’observatoire d’affiner sa trajectoire vers L2.

Selon la NASA, il s’agissait de la plus importante des trois brûlures prévues au cours de ce voyage et la seule qui devait être soigneusement chronométrée.

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Environ six heures après son lancement, le Webb Telescope avait déjà parcouru près de 100 000 km. Crédits : ESA

La suite du programme

Dès le troisième jour, ce mardi, le Webb Telescope commencera à déployer son pare-soleil dans l’optique d’empêcher la lumière du soleil d’atteindre les capteurs infrarouges du télescope, les pièces les plus essentielles de cette mission. Pour sonder les profondeurs du cosmos, l’observatoire doit en effet fonctionner à des températures extrêmement basses. Cette manœuvre cruciale devrait normalement s’opérer en trois jours, impliquant environ 7 000 pièces.

Après six jours de vol, le miroir secondaire du télescope devra à son tour se déployer avant l’ouverture du miroir principal tapissé d’or le lendemain. Là encore, tout devra fonctionner correctement au risque de faire échouer la mission. Enfin, un mois après le lancement, le Webb Telescope devrait atteindre le point L2.