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Le James Webb Telescope gardera un œil sur les visiteurs interstellaires

Crédits : NASA, ESA, et J. Olmsted et F. Summers (STScI)

Le James Webb Telescope continue de se préparer pour ses premières observations de l’espace lointain. Une fois prêt, ses capacités infrarouges lui permettront également de se focaliser sur les objets entrants dans notre Système solaire.

Le James Webb Telescope poursuit son processus de déploiement dans l’espace après sa mise en orbite réussie le 24 janvier dernier autour du point de Lagrange 2 (L2) à 1,5 million de kilomètres de la Terre. Plus récemment, l’observatoire s’est illustré en détectant avec succès sa première source de lumière. Les premières « vraies images » seront quant à elles partagées dès cet été. Dès lors, les chercheurs pourront commencer à sonder les profondeurs du cosmos, mais pas que.

Un œil sur les intrus dans le Système solaire

Le temps du télescope sera divisé en plusieurs catégories. Une partie sera réservée aux scientifiques ayant participé au développement de l’observatoire, tandis que la majeure partie du temps (environ 6 000 heures au cours de la première année) sera consacrée au « programme d’observation générale » dans le cadre duquel des scientifiques du monde entier pourront se servir du télescope. Toutefois, le James Webb Telescope pourrait également être réquisitionné en cas d’opportunités de dernière minute, si quelque chose d’intéressant apparaît soudainement sous les radars, par exemple.

Les « visiteurs interstellaires » font partie de ces objets susceptibles d’intéresser la communauté scientifique. Deux de ces intrus ont déjà été repérés : un objet nommé « Oumuamua » en 2017 et un objet nommé 21/Borisov en 2019. Le second était une comète de près de mille mètres de large, tandis que le premier interroge encore. Sa forme de cigare avait en effet soulevé quelques sourcils, certains suggérant même qu’il pouvait s’agir d’un vaisseau spatial extraterrestre. L’hypothèse la plus probable, proposée dans une étude l’année dernière, est qu’il s’agissait d’un fragment d’une super-Terre éjecté de son système.

james webb telescope comète
2I/Borisov, la comète interstellaire. Crédits : NASA, ESA et D. Jewitt (UCLA)

Ces objets ayant pris les astronomes un peu par surprise, nous en savons très peu à leur sujet, d’où l’intérêt du James Webb Telescope. La sensibilité et la puissance de l’observatoire offriront en effet une opportunité sans précédent d’étudier la composition chimique de ces visiteurs interstellaires et d’en savoir beaucoup plus sur leur nature et sur les conditions dans lesquelles ils se sont formés en premier lieu.

« Avec l’observatoire, nous pourrons faire de la science vraiment intéressante à des magnitudes ou des luminosités beaucoup plus faibles« , souligne Cristina Thomas, de la Northern Arizona University. « Nous n’avons jamais pu observer d’objets interstellaires dans cette région de l’infrarouge. Cela ouvre beaucoup d’opportunités pour les différentes signatures compositionnelles qui nous intéressent« .