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Le James Webb Telescope tourne son regard vers Titan

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Crédits : NASA/ESA/ASC/Alyssa Pagan

Il y a plusieurs semaines, le James Webb Telescope et l’observatoire Keck, situé à Hawaï, ont travaillé ensemble pour capturer Titan dans le proche infrarouge. Les nouvelles images, qui viennent d’être publiées, nous révèlent des nuages ​​dans l’hémisphère nord près de Kraken Mare, la plus grande mer de méthane connue à la surface de la lune.

Titan, la plus grande lune de Saturne, est avec la Terre le seul objet du système solaire enrobé d’une atmosphère dense. Autre point commun avec notre planète : Titan abrite aussi des liquides en surface, sous la forme de mers, lacs et rivières. Contrairement à chez nous, cependant, ces liquides ne sont pas composés d’eau mais d’hydrocarbures, notamment de méthane et d’éthane, refroidis à -180°C.

La lune intéresse les exobiologistes dans la mesure où elle pourrait être le théâtre d’une chimie pré-biotique similaire à celle opérée sur Terre il y a plusieurs milliards d’années. Pour en savoir plus, la NASA prépare sa mission Dragonfly, qui prévoit l’envoi d’un énorme drone de près d’une demi-tonne. Ses objectifs seront d’analyser les différents processus chimiques complexes à l’oeuvre dans différents environnements. La mission, lancée en 2027, arrivera sur place au début des années 2030.

Titan sous l’oeil du JWT

En attendant, une équipe de chercheurs a profité des capacités infrarouges du James Webb Telescope, combinées à celles de l’observatoire Keck, situé à Hawaï, pour examiner l’atmosphère de Titan plus en profondeur.

Ces premières images, capturées les 4 et 6 novembre derniers, nous montrent l’évolution des nuages ​​sur Titan sur trente heures.

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Crédits : NASA, ESA, CSA, A. Pagan (STScI), JWST Titan GTO Team

Ici, le cliché de gauche utilise un filtre sensible à la basse atmosphère de Titan. Les points lumineux sont des nuages ​​proéminents dans l’hémisphère nord. Le cliché de droite est une image composite couleur. Les chercheurs ont étiqueté plusieurs caractéristiques de surface importantes, dont Kraken Mare, considérée comme la plus grande mer de méthane de la lune. Belet, un composé de dunes de sable de couleur foncée, est également visible, tout comme Adiri, une caractéristique d’albédo brillante.

Crédits : NASA, ESA, CSA, A. Pagan (STScI), JWST Titan GTO Team

« Ce sont quelques-unes des données les plus passionnantes que nous ayons vues sur Titan depuis la fin de la mission Cassini-Huygens en 2017, et certaines des meilleures que nous obtiendrons avant l’arrivée de Dragonfly« , a déclaré Zibi Turtle, de l’Université Johns Hopkins.

D’autres données sur Titan sont attendues en mai ou juin 2023. Les données de l’instrument MIRI, en particulier, révéleront une partie encore plus grande du spectre de Titan, y compris certaines longueurs d’onde qui n’ont encore jamais été vues. Ces données permettront aux chercheurs d’en apprendre davantage sur les gaz complexes dans l’atmosphère de la lune.

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.