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La tension monte pour le James Webb Telescope, littéralement

Crédits : nasa

Le James Webb Telescope poursuit son processus de déploiement dans l’espace. Ce lundi 3 janvier, les contrôleurs de mission ont commencé à resserrer la tension sur son énorme pare-soleil, un bouclier à cinq couches ultra-réfléchissantes de la taille d’un court de tennis conçu pour maintenir l’observatoire suffisamment au frais.

Lancé le jour de Noël dernier, le James Webb Telescope sera entièrement concentré sur les longueurs d’onde infrarouges, idéales pour sonder l’Univers primitif. Pour détecter les faibles signaux de chaleur provenant d’objets très éloignés, l’observatoire doit néanmoins être coupé de toute autre de chaleur parasite.

Pour ce faire, en plus de se positionner autour du point de Lagrange L2, à 1,5 million de kilomètres de la Terre du côté opposé au Soleil, le télescope dispose d’un pare-soleil de 22 m de long sur 11 m de large composé de cinq couches très fines de matériaux extrêmement réfléchissants. D’après les ingénieurs, cette structure devrait permettre de maintenir le miroir du télescope à des températures avoisinant les -223 °C.

Ce pare-soleil est l’une des pièces maîtresses du télescope. Son déploiement est donc très critique. La moindre fausse note pourrait en effet ruiner plus de deux décennies de développement. Ce lundi 3 janvier, les contrôleurs de mission ont toutefois libéré avec succès la première couche de ce pare-soleil.

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Crédits : NASA

S’adapter aux conditions de l’espace

L’entame de ce processus avait été retardée de deux jours en raison de deux problèmes mineurs enregistrés ce dimanche, alors que les ingénieurs étudiaient le sous-système d’alimentation du JWT.

L’un des problèmes concernait un ensemble de six moteurs utilisés lors de la tension du pare-soleil. En raison de la lumière du soleil, ils affichaient une température légèrement plus élevée que prévu. Les ingénieurs ont donc réorienté l’observatoire de manière à les mettre à l’ombre. La procédure s’est déroulée ce dimanche.

L’autre problème concernait la sortie du panneau solaire qui a affecté la puissance du télescope. Ce dernier est alimenté par cinq panneaux, mais un cycle de fonctionnement « maximal » prédéfini dans un module de régulateur de réseau limitait la tension disponible et ne proposait pas à l’observatoire les ressources dont il avait besoin pour les activités d’observation en cours. Le télescope devait donc puiser plus l’énergie que prévu dans sa batterie de secours. L’équipe d’ingénieurs avait toujours prévu de modifier ce cycle après le lancement de l’observatoire. Les conditions proposées l’ont finalement amenée à le réinitialiser plus tôt que prévu.

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Le miroir et le pare-soleil du James Webb Telescope. Crédits : NASA
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Une animation montre l’orbite finale prévue du télescope autour du point de Lagrange 2, ou L2. Crédits : NASA

Tous ces problèmes étaient plus ou moins attendus. N’oublions pas que le télescope est encore en train de « se dégourdir les jambes » dans l’espace. Si tout se passe comme prévu, le déploiement des autres couches du pare-soleil se poursuivra jusqu’au mercredi 5 janvier. Ensuite, place aux miroirs.