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Le James Webb Telescope jettera un oeil sur ce système planétaire

planètes Beta Pictoris james webb telescope
Vue d'artiste d'une planète en orbite autour de la jeune étoile Beta Pictoris. Crédits : ESO L. Calçada/N. Risinger

Le James Webb Telescope vient de clôturer sa période de mise en service et s’apprête à publier ses premières véritables images dans quelques jours. L’observatoire entamera ensuite ses premiers programmes scientifiques. L’une de ces enquêtes se focalisera sur le système Beta Pictoris qui comprend au moins deux jeunes planètes géantes.

Si l’on dénombre aujourd’hui plus de 5 000 exoplanètes dans notre carnet d’adresses cosmiques, l’immense majorité de ces mondes a été repérée par des moyens indirects. Seuls quelques-uns ont pu être imagés directement, dont Beta Pictoris c, une géante gazeuse en orbite autour de la très jeune étoile Beta Pictoris, à 63 années-lumière de la Terre. Nous savons également qu’une seconde planète géante, des exocomètes et tout un tas de petits objets rocheux se cachent encore dans le disque de débris ce système naissant.

Bien que les chercheurs l’aient observé avec de puissants télescopes spatiaux et terrestres depuis les années 1980, nous ignorons encore beaucoup de choses sur sa composition globale. Aussi, les astronomes (qui voient en lui une version plus jeune de notre propre système) aimeraient en apprendre un peu plus à son sujet. Au cours de ces prochains mois, des chercheurs utiliseront la lumière infrarouge du James Webb Telescope pour percer le rideau de poussière de cette étoile.

Programme chargé

Deux enquêtes sont prévues. Une équipe dirigée par Chris Stark, du Goddard Space Flight Center de la NASA, utilisera un coronographe (un dispositif permettant de bloquer la lumière aveuglante des étoiles) pour observer les parties faibles du disque de débris qui entourent l’ensemble du système.

« Nous savons qu’il y a deux planètes massives autour de Beta Pictoris, et plus loin, il y a une ceinture de petits corps qui entrent en collision et se fragmentent« , note l’équipe dans un communiqué. « Mais qu’y a-t-il entre les deux ? Dans quelle mesure ce système est-il semblable à notre système solaire ? La poussière et la glace d’eau de la ceinture extérieure peuvent-elles éventuellement pénétrer dans la région intérieure du système ? Ce sont des détails que nous pouvons aider à démêler avec le JWT« .

La poussière sera également étudiée comme un éclaireur pour isoler des comètes et des astéroïdes. La manière dont cette poussière diffuse ou réémet de la lumière pourrait en effet indiquer la présence d’objets cachés à l’intérieur.

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Les deux planètes entourant leur étoile. Le disque de débris est également clairement visible. Crédits : Collaboration GRAVITY / Axel M. Quetz, Département graphique MPIA

Une seconde enquête, dirigée par l’astronome Christine Chen, se focalisera sur la composition des grains de poussière laissés par la collision de planétésimaux (les graines de planètes).

« Les grains de poussière sont des « empreintes digitales » de planétésimaux que nous ne pouvons pas voir directement. Ils peuvent nous dire de quoi sont faits ces objets et comment ils se sont formés« , notent les chercheurs. Par exemple, les scientifiques chercheront à savoir si ces graines planétaires sont riches en glace, comme les comètes, ou si la poussière est plutôt révélatrice de mondes rocheux.