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Le James Webb Telescope repère une étoile sur le point de mourir

WR 124 James Webb Telescope
WR 124 vu par le James Webb Telescope : NASA, ESA, CSA, STScI, Webb ERO Production Team

Il y a quelques jours, le James Webb Telescope tournait son regard vers une étoile en fin de vie : WR 124. Située à environ 15 000 années-lumière de la Terre dans la constellation du Sagittaire, elle vit actuellement ses « dernières heures » avant son explosion en supernova.

Qu’est-ce qu’une étoile Wolf-Rayet ?

WR 124 est une étoile Wolf-Rayet. Autrement dit, il s’agit d’une étoile massive et très chaude qui est en train de perdre de la masse à un taux très élevé. Ces objets ont été nommés ainsi en l’honneur des astronomes français Charles Wolf et Georges Rayet qui les ont découverts en 1867.

Ces étoiles ont des températures de surface comprises entre 30 000 et 200 000 Kelvin, ce qui est bien plus chaud que le Soleil. Elles ont également des luminosités très élevées, parfois plusieurs millions de fois plus importantes que celle de notre étoile. Cependant, leur durée de vie est relativement courte, de l’ordre de quelques centaines de milliers d’années seulement, car elles consomment rapidement leur carburant nucléaire.

Les étoiles Wolf-Rayet sont importantes pour la compréhension de l’évolution stellaire. Le fait qu’elles perdent de la masse en un temps très court signifie en effet qu’elles se transforment également rapidement en supernovae de type II, qui sont des explosions cataclysmiques signant la fin de vie des étoiles massives.

Cela étant dit, l’étoile WR 124 présente la particularité d’être au tout dernier stade de sa vie avant cette étape finale. Récemment, des astronomes ont utilisé le James Webb Telescope pour étudier cet objet plus en détail. Sur l’image, on observe alors cette étoile train de se débarrasser de ses couches externes.

WR 124 James Webb Telescope
WR 124 vu par le James Webb Telescope. Crédits : NASA, ESA, CSA, STScI, Webb ERO Production Team

Un excédent de poussière dans l’univers

WR 124, qui est environ trente fois plus massive que notre Soleil, aurait déjà éjecté plus de dix masses solaires de gaz et de poussière dans l’espace à ce jour selon les responsables de la NASA.

L’analyse de cette poussière sera également très intéressante pour les astronomes, car elle fait partie intégrante du fonctionnement de l’univers. Elle abrite en effet des étoiles naissantes, permettant ensuite la formation de planètes. Elle sert également de plate-forme pour que les molécules se forment et s’agglutinent (y compris les éléments constitutifs de la vie sur Terre). Cependant, les astronomes notent un « excédent budgétaire » de poussière dans l’univers. Autrement dit, les quantités observées dépassent de loin celles prédites par nos théories actuelles de formation. Ces nouvelles observations pourraient toutefois nous aider à résoudre cette énigme.

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.