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James Webb Telescope : quelles sont les prochaines étapes ?

Crédits : NASA

Après avoir terminé avec succès ses tests finaux, le James Webb Telescope est en cours de préparation pour être expédié vers son site de lancement, en Guyane, où il sera lancé dans l’espace à bord d’une fusée Arianne 5.

Dans les papiers depuis les années 90, le James Webb Telescope devait coûter moins d’un milliard de dollars et être prêt avant 2010. Trente ans et près de dix milliards de dollars dépensés plus tard, l’observatoire est enfin prêt pour son lancement, à quelques détails près. On fait le point sur les prochaines échéances.

Dernière campagne de tests terminée

Il y a quelques jours, les équipes d’ingénieurs ont clôturé le programme de “tests de longue durée” dans les installations de Northrop Grumman pour s’assurer que le télescope le plus complexe au monde pourra subir sans problème la phase de lancement et qu’il fonctionnera comme prévu une fois libéré dans l’espace. Ces opérations terminées, l’observatoire se prépare désormais pour son voyage vers la Guyane au cours duquel il traversera le canal de Panama. Ces préparatifs d’expédition seront terminés en septembre.

En attendant, les équipes du Mission Operations Center (MOC) au Space Telescope Science Institute (Baltimore, États-Unis) continuent de vérifier le réseau de communication complexe que le James Webb Telescope utilisera pour transmettre ses données vers la Terre. Les responsables de mission s’appuieront également sur ce réseau pour envoyer leurs commandes aux instruments.

Une fois le James Webb Telescope arrivé en Guyane française, les équipes devront s’assurer que l’observatoire n’a pas été endommagé pendant l’expédition. Si tout se passe bien, ils chargeront ensuite les réservoirs de propergol avec du carburant à base d’hydrazine et un oxydant au tétroxyde d’azote dont l’observatoire aura besoin pour alimenter ses propulseurs dans le but de se maintenir sur son orbite.

james webb telescope
Sur cette image, des ingénieurs projettent de la neige carbonique pour nettoyer une partie du grand miroir du télescope sans la rayer. Ces opérations ont eu lieu au Goddard Space Flight Center de la NASA, à Greenbelt, dans le Maryland. Crédits : Chris Gunn / NASA

Environ six mois de mise en service

Ensuite, les équipes d’ingénierie accoupleront l’observatoire à son lanceur, une fusée Ariane 5 fournie par l’ESA (Agence spatiale européenne). Le lancement est toujours officiellement prévu pour le 31 octobre, mais il y a de fortes chances qu’il soit repoussé à la mi-novembre.

Environ 26 minutes après le décollage, l’observatoire se séparera de la fusée et son panneau solaire se déploiera automatiquement. Il devrait ensuite rejoindre son orbite environ un mois plus tard. Pendant ce temps, tous les instruments de l’observatoire, à commencer par son énorme pare-soleil, seront déployés un à un depuis le centre de contrôle.

Notez que le télescope ne sera pas en orbite autour de la Terre, comme peut l’être Hubble, mais autour du Soleil, à 1,5 million de kilomètres de la Terre sur le deuxième point de Lagrange (L2). La particularité de cette orbite est qu’elle permettra au télescope de rester aligné avec notre planète, tout en permettant au pare-soleil de le protéger de la lumière et de la chaleur de notre étoile, ainsi que du système Terre-Lune. Pour sonder l’univers primitif, le James Webb Telescope aura en effet besoin d’être au frais !

Une fois que l’observatoire se sera refroidi et stabilisé à sa température de fonctionnement optimale (moins de 45°C au-dessus du zéro absolu), il subira une période de mise en service qui pourrait durer jusqu’à six mois au cours desquels tous ses instruments et optiques seront étalonnés. Les opérations scientifiques devraient ensuite pouvoir commencer avec un seul objectif : révolutionner notre approche de l’univers.