Italie : bientôt des puces comestibles dans le parmesan pour éviter les contrefaçons

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Le Parmigiano Reggiano, dont l’appellation est protégée en Italie, souffre de la présence de « contrefaçons ». Pour lutter contre ces trafics, les producteurs vont bientôt placer des micropuces dans les meules. En revanche, aucune raison de paniquer puisque ces puces, dont la taille ne dépassera pas celle d’un grain de sable, seront comestibles.

Un fromage protégé par un label

Dans l’Union européenne, l’Appellation d’origine protégée (AOP) désigne un produit dont l’intégralité des étapes de production est réalisée selon un savoir-faire reconnu dans une même aire géographique. L’AOC protège donc le nom du produit et ainsi, les producteurs et leur savoir-faire. En France, cette appellation protège aujourd’hui pas moins de 385 alcools et 101 produits agroalimentaires dont l’olive de Nîmes, le miel de Corse ou encore le camembert de Normandie.

Souvent confondu avec le Grana Padano, le Parmigiano Reggiano (souvent nommé « parmesan ») est un fromage qui est concerné par le label Denominazione di Origine Protetta (DOP) en Italie, équivalent de l’AOP française. Pour l’obtenir, il doit obligatoirement être produit dans la région d’Émilie-Romagne, dans le nord de l’Italie et avoir subi un vieillissement d’un an avant sa commercialisation.

Toutefois, ce fromage est comme d’autres produits victime de ses contrefaçons, évidemment moins chères. Comme l’explique The Guardian dans un article du 18 août 2023, les producteurs ont trouvé une parade et vont bientôt l’appliquer. « Nous continuons à nous battre avec de nouvelles méthodes. Nous n’abandonnons pas« , a déclaré Alberto Pecorari, du Parmigiano Reggiano Consortium (PRC), en charge de la défense et la protection de l’Appellation d’Origine.

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Crédits : A_Columbo / iStock

Des puces comestibles en silicium dans le parmesan

Les producteurs vont avoir recours à des puces (ou plutôt des micropuces) à intégrer aux meules d’environ 40 kg chacune. Ces puces seront fabriquées en silicium et leur taille sera quasiment celle d’un grain de sable. Le dispositif se trouvera au niveau de l’étiquette du label en caséine qui est elle aussi comestible. Les professionnels du secteur pourront ainsi la scanner afin de certifier l’authenticité du fromage. Le procédé concernera également la fabrication du fromage, et notamment l’origine du lait utilisé.

Cette nouvelle traçabilité qui vise à protéger la production peut toutefois poser question. Néanmoins, les responsables du projet assurent que les puces ne pourront pas être lues à distance et ne permettront donc pas de suivre une personne qui l’aurait ingérée.

Cette méthode très intéressante pourrait être étendue à de très nombreux autres produits alimentaires protégés par un label. Toutefois, elle pourrait surtout aussi concerner d’autres secteurs comme les industries automobile et pharmaceutique, toujours dans l’objectif de limiter les contrefaçons.