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En Israël, un message caché depuis plus de 50 ans a été révélé

Crédits : Tel Aviv University

Une étude révélait il y a quelques jours une inscription hébraïque ancienne non détectée depuis plus de cinquante ans qu’une équipe de chercheurs de l’Université de Tel-Aviv a analysé.

C’est grâce à une technologie d’imagerie avancée dite multispectrale que des chercheurs de l’Université de Tel-Aviv, en Israël, ont récemment pu faire la découverte d’une inscription jusqu’alors invisible sur le fond d’un fragment de poterie exposé au Musée d’Israël depuis plus de cinquante ans. L’ostracon, un tesson de poterie utilisé comme support d’écriture dans l’Antiquité, fut découvert pour la première fois en 1965 dans le désert d’Arad et a depuis été daté à environ 600 ans avant notre ère. L’inscription sur le devant, qui traite de transferts d’argent, avait déjà été étudiée par des archéologues et des savants bibliques. En utilisant l’imagerie multispectrale pour acquérir un ensemble d’images, Michael Cordonsky, de l’École de physique de Tel-Aviv, a néanmoins remarqué plusieurs marques sur l’envers de l’ostracon.

À sa grande surprise, trois nouvelles lignes de texte ont donc été révélées. Les chercheurs ont au total pu déchiffrer cinquante caractères, comprenant dix-sept mots. « Le contenu du côté inverse implique qu’il s’agit d’une continuation du texte qui est sur le devant », a déclaré Shira Faigenbaum-Golovin du Département de Mathématiques Appliquées de Tel-Aviv et coauteur de l’étude. « En utilisant l’imagerie multispectrale, nous avons également pu améliorer considérablement la lecture de l’avant, ajoutant quatre “nouvelles” lignes », a-t-il ajouté.

Le recto — Crédits : Université de Tel-Aviv

 

Le verso avec les nouvelles lignes découvertes par l’équipe — Crédits : Université de Tel-Aviv

L’artefact ancien fut à l’époque retrouvé sur le site archéologique de la forteresse de Tal-Arad, située près de la ville d’Arad, dans le désert du Néguev. « Tal Arad était un avant-poste militaire — une forteresse à la frontière sud du royaume de Juda — peuplé à l’époque de 20 à 30 soldats », explique le docteur Mendel-Geberovich qui a également participé aux recherches. « La plupart des poteries déterrées à Arad sont datées à environ 586 avant J.-C, à la veille de la destruction du royaume par Nabuchodonosor ». Beaucoup de ces inscriptions s’adressent à Elyashiv, le quartier-maître de la Forteresse. « Ils traitent de la logistique de l’avant-poste comme l’approvisionnement en farine, en vin et en huile pour les unités subordonnées ».

La nouvelle inscription commence par « une commande de vin », ainsi qu’une « garantie d’assistance si le destinataire a ses propres demandes », explique le chercheur. « Le message se conclut avec une commande d’une certaine marchandise (inconnue) à une personne (non nommée) ». Les chercheurs notent également que l’inscription nouvellement révélée comporte également un texte administratif comme la plupart des inscriptions d’Arad. À plus grande échelle, cette nouvelle découverte souligne ici l’importance de l’imagerie multispectrale. « Il est redoutable de penser au nombre d’inscriptions, invisibles à l’œil nu, qui ont pu être éliminées pendant les fouilles ».

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Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.