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Islande : la plus grande usine de capture directe d’air au monde commence à absorber du CO2

Crédits : Climeworks

La dernière installation de Climework, une startup ambitieuse visant à réduire les émissions de carbone dans le monde, est aujourd’hui capable d’aspirer plus de 4000 tonnes de CO2 dans l’air pour le minéraliser dans le sol.

Extinctions, dômes de chaleur, sécheresses, inondations… Les effets du changement climatique se feront de plus en plus ressentir au cours de ces prochaines décennies. Si nous voulons limiter la hausse des températures à 1,5 °C, comme convenu par l’Accord de Paris sur climat, il est désormais impératif de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, en particulier le CO2. Nous pouvons le faire en remplaçant les énergies fossiles par des énergies renouvelables, en transformant le parc automobile ou en optant pour une alimentation plus végétale, entre autres.

Cependant, plusieurs technologies pourraient également nous aider à éliminer le CO2 déjà libéré. Parmi celles-ci figure la capture directe de l’air (DAC), qui vise à récupérer le dioxyde de carbone dans l’air ambiant. La technique se distingue des technologies de séquestration du carbone qui extraient le CO2 directement des centrales électriques.

La startup Climeworks travaille sur ce domaine depuis sa création en 2009. Son système s’appuie essentiellement sur d’énormes ventilateurs permettant d’aspirer l’air ambiant à travers un filtre qui capte sélectivement le dioxyde de carbone. À la base, tout ce CO2 récupéré était réinjecté dans les boissons gazeuses ou dans certaines serres dans le but de favoriser la pousse des plantes. Puis, en 2016, tout a changé.

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Crédits : Climeworks

Plus de 4000 tonnes séquestrées chaque année

À l’époque, un groupe distinct de chercheurs travaillant sur le projet CarbFix avait en effet étudié comment les réactions entre le gaz et les matériaux souterrains rocheux pouvaient transformer le CO2 en minéraux solides. Ils avaient alors imaginé une technique permettant de le faire en moins de deux ans, contre des centaines, voire des milliers d’années dans la nature.

Suite à cette percée, Climeworks s’est associée à CarbFix sur un projet pilote mené en 2017 à la centrale géothermique Hellisheidi d’ON Power, en Islande. Un premier système développé avait alors été utilisé pour capturer et stocker environ 12,5 tonnes de CO2 sur trois mois.

Plus récemment, les chercheurs ont développé une installation plus efficace. Baptisée Orca, elle s’appuie sur une méthode de construction modulaire ayant permis de réduire de moitié la quantité d’acier nécessaire comparée aux conceptions précédentes, tout en capturant davantage de CO2. Située à côté de la centrale électrique, la centrale Orca est entièrement alimentée par des énergies renouvelables.

Orca a commencé ses opérations il y a quelques jours. Selon Climeworks, elle pourra collecter plus de 4 000 tonnes de CO2 dans l’air chaque année. Ce n’est évidemment pas grand-chose comparé aux plus de trente milliards de tonnes de CO2 rejetées par les humains annuellement, mais c’est un vrai pas dans la bonne direction. À l’horizon 2025/2030, l’entreprise prévoit d’augmenter sa capacité d’élimination pour capturer des millions de tonnes de CO2.