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Irak : découverte d’un bateau sumérien vieux de 4000 ans

Crédits : Institut archéologique allemand

Un bateau antique, jadis fait de bitume et de matière organique, a récemment été fouillé près de l’ancienne ville d’Uruk. La construction avait déjà été partiellement exposée par l’érosion ces dernières années. Le trafic passant à proximité du site constituait également une menace aiguë pour la préservation du bateau.

Uruk est une ville de l’ancienne Mésopotamie fondée à partir de la fusion de deux petites colonies sur la rive de l’Euphrate. Le site fut occupé à partir de 5000 av. J.-C. jusqu’au IIIe siècle de notre ère. Uruk était l’une des premières grandes villes du monde et peut-être même le lieu de naissance de la première écriture du monde. À son apogée, vers 3000 avant notre ère, elle comptait environ 40 000 âmes, avec une population totale d’environ 80 000 personnes contenues dans l’arrière-pays.

Uruk entama ensuite un long et lent déclin vers 2000 avant notre ère, à peu près au moment où ce fameux bateau fut construit.

Un bateau fluvial de 4 000 ans

Aujourd’hui, il n’en reste pas grand-chose : juste quelques traces de bitume, ce goudron noir qui recouvrait autrefois sa charpente de roseaux, de feuilles de palmier ou de bois. Cette matière organique a depuis longtemps disparu.

D’après les contours de la structure, ce bateau aurait mesuré environ 7 m de long pour environ 1,5 m de large. Autrement dit, il semblait parfaitement adapté à la navigation sur les rivières et les canaux de l’ancienne Mésopotamie. Le canal reposait dans une zone qui aurait été l’arrière-pays animé de la ville il y a environ 4 000 ans.

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Le contour de la coque du bateau à peine visible depuis les airs. Crédits : Institut archéologique allemand

Une fouille minutieuse

Sur la base de son lieu de repos dans des couches de sédiments limoneux, il semble que le bateau ait coulé dans une rivière qui s’est depuis envasée, d’après un communiqué. L’érosion avait finalement fait son œuvre, révélant les contours de la structure. En 2018, les spécialistes en avaient donc profité pour prendre des mesures et l’immortaliser.

À l’époque, les archéologues du Conseil national irakien des antiquités, qui collaboraient avec des chercheurs de l’Institut archéologique allemand, avaient choisi de laisser le bateau enterré par mesure de protection. Néanmoins, il est rapidement devenu clair que le trafic environnant constituait une menace, accélérant le processus d’érosion.

Il y a quelques jours, les chercheurs ont donc mis en place une mission de sauvetage dans le but d’excaver soigneusement la dépouille du bateau. Pour faciliter son déterrement et son déplacement, ils ont enfermé la structure et un bloc de sédiments environnants dans une coquille faite d’argile et de gypse.

Aujourd’hui, plus de 4 000 ans après avoir entamé son dernier voyage, le bateau a un nouveau port d’attache : le musée de l’Irak à Bagdad où les archéologues se chargeront d’étudier et de conserver ce qui reste de la coque.