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Investissement socialement responsable : les Français se mettent au vert

Crédits : fxxu / Pixabay

L’ISR en bref 

L’Investissement Socialement Responsable correspond avant tout à une démarche entreprise par les investisseurs, répondant à des critères environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance (ESG). Leurs portefeuilles sont ainsi composés d’actifs scrupuleusement sélectionnés en fonction de ces règles environnementales et éthiques.

Ce comportement socialement responsable peut prendre plusieurs formes :

  • Investissement dans des fonds socialement responsables ou répondant à des normes de développement durable. Généralement, il s’agit d’investir dans des entreprises performantes ayant une politique de gestion tournée vers la préservation de l’environnement, des règles de bonne gouvernance vis-à-vis de leurs salariés, etc.
  • Investissement dans des fonds éthiques. Ces fonds sont plus courants au Royaume-Uni ou aux États-Unis. Ils investissent dans des titres de sociétés qu’ils jugent éthiques et excluent de nombreux secteurs d’activités ne répondant pas aux critères éthiques ou environnementaux (tabac, armement, nucléaire,…).

Un niveau record de collectes pour l’ISR en 2015

Dans son rapport annuel de 2016, l’ONG Asset Owners Disclosure Project a publié des chiffres alarmants quant à l’absence de préoccupation du monde financier sur le risque climatique. L’AODP a étudié le comportement des 500 plus gros investisseurs mondiaux. Parmi eux, 246 ne prennent absolument pas en compte le risque de changement climatique lors de leurs investissements. A plus petite échelle, la France semble pourtant se démarquer.

En effet, on note que les épargnants français deviennent de plus en plus nombreux à se tourner vers l’Investissement Socialement Responsable (ISR). Selon Novethic, 746 milliards d’euros ont été dédiés en 2015 à des investissements répondant aux critères ESG. Par rapport à l’année précédente, il s’agit d’une augmentation record de 29%.

Quels sont les acteurs du marché et comment investir ? 

Les investisseurs institutionnels communément appelés les « zinzins » sont les acteurs les plus présents sur le marché de l’ISR. Ils investissent une partie de l’épargne collectée auprès des particuliers dans des titres de sociétés jugées socialement responsables.

En tant que particulier, il vous est possible de souscrire des parts de fonds dédiés agréés par l’AMF. Les compagnies d’assurance proposent de plus en plus des OPCVM ISR ayant une politique de gestion orientée vers le développement durable et l’efficacité économique et sociale. Afin de réaliser des investissements respectant ces critères extra-financiers, les gestionnaires sont nombreux à faire appel à des agences de notation spécialisées.

Les OPCVM ISR se démocratisent et se diversifient. Ainsi aujourd’hui, ces fonds dédiés sont suffisamment nombreux pour correspondre à des profils de risque différents (prudent, équilibré, dynamique) et sont davantage encadrés par la loi et l’AMF. Notamment, les gestionnaires doivent mettre en œuvre leur politique dans la transparence la plus totale vis-à-vis des titulaires de parts.

Autres alternatives pour soutenir le développement durable

L’État français a mis en place de nombreuses mesures pour soutenir le développement durable, notamment par le biais d’avantages fiscaux que peuvent bénéficier les investisseurs en contrepartie de leur engagement.

  • Immobilier : de nombreuses règles environnementales ont vu le jour ces dernières années (normes BBC, RT 2012…). Le gouvernement encourage les particuliers à respecter ces normes en mettant en place plusieurs dispositifs fiscaux tels que la fameuse Loi Pinel ou l’investissement Outre-mer. Mais les avantages fiscaux ne se cantonnent pas qu’à l’immobilier locatif : un crédit d’impôt peut être accordé en contrepartie des dépenses effectuées pour la transition énergétique de la résidence principale.
  • Forêt : l’investissement dans des massifs forestiers en direct ou via des parts de groupement forestier engendre lui aussi une fiscalité très avantageuse à la fois en matière d’impôt sur le revenu, d’ISF, de plus-values et de droits de mutation. Pour en faire bénéficier à ses associés, le groupement foncier forestier a notamment l’obligation de respecter des règles de développement durable. La coupe de bois et le reboisement sont encadrés par l’État dans une optique de préservation des forêts françaises.