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Indonésie : un séisme en “excès de vitesse” !

Crédits : USGS

Il y a quelques mois, un séisme ayant frappé l’Indonésie s’est propagé à une vitesse hors-norme. Il s’agit d’un type de tremblement de terre que les scientifiques observent très rarement : les « supershear ».

Une vitesse incroyable

Le communiqué du 28 septembre 2018 publié par l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS) faisait état d’un séisme d’une magnitude de 7,5 sur l’échelle de Richter, dans le nord de Palu (Indonésie). Ce puissant tremblement de terre avait ensuite laissé place à un tsunami ravageur (voir vidéo en fin d’article). Quelques jours après la catastrophe, pas moins de 5 000 personnes étaient présumées disparues et plus de 190 000 personnes ont été déclarées sinistrées.

Le fait est que le séisme en question s’est propagé à une vitesse exceptionnelle, selon une étude publiée le 4 février 2019 dans la revue Nature Geoscience et menée par des chercheurs de l’Université de Californie à Los Angeles, du Jet Propulsion Laboratory de la NASA et de l’Institut de recherche pour le développement (IRD). En effet, le séisme s’est propagé à une vitesse de 4,1 km/s sur une distance supérieure à 150 km !

Crédits : USGS

Pourquoi une telle vitesse de propagation ?

Les séismes se produisent lorsque la roche se déplace subitement, et ce à partir d’une faille sismique. Il existe deux types d’ondes sismiques : les ondes S, cisaillant les roches et se propageant à une vitesse d’environ 3,5 km/s, ainsi que les ondes P qui se propagent plus rapidement – à environ 5 km/s – en comprimant les roches. Or habituellement, les séismes ne se propagent pas à une vitesse supérieure à celle des ondes P, si bien ce genre d’événement est très rare. Baptisés « supershear », ces tremblements de terre à la vitesse de propagation hors-norme se produisent généralement sur des failles longilignes et dans des espaces comportant peu d’obstacles à la propagation.

Le séisme de Palu n’a pas dépassé la vitesse des ondes P, mais les chercheurs ont déclaré qu’il s’agissait de la première fois qu’une telle vitesse de rupture aussi stable avait été observée. Ainsi, ce séisme est tout de même considéré comme un supershear. Après avoir analysé des images optiques et radars enregistrées par satellite, les scientifiques ont constaté que la faille n’était pas rectiligne et présentait deux courbes majeures. Par ailleurs, le sol de la ville de Palau a été décalé de 5 mètres, et la vitesse de propagation s’est maintenue à 4,1 m/s le long des 150 km de faille, et ce malgré les obstacles qui auraient dû faire office de frein !

Une meilleure anticipation des séismes

« Dans les modèles classiques de tremblement de terre, les failles vivent dans des roches intactes idéalisées. Les failles réelles sont enveloppées dans une couche de roches fracturées et ramollies par les tremblements de terre précédents. Des ruptures à des vitesses qui sont inattendues sur des roches intactes peuvent en réalité se produire sur des roches endommagées, parce que les ondes sismiques s’y propagent plus lentement », a expliqué Jean-Paul Ampuero de l’IRD.

Les meneurs de l’étude estiment que leurs recherches pourraient permettre de mieux se préparer aux séismes futurs en anticipant leurs effets. En effet, les supershear défient les modèles actuels concernant les séismes, et celui de Palu fait l’objet de premier modèle d’un nouveau genre, un modèle qui en appellera d’autres à l’avenir avec l’étude d’autres failles.

Sources : NBC NewsLe Monde

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