Depuis plusieurs années, la capitale de l’Indonésie Jakarta est en proie à de multiples problèmes. Les autorités ont alors lancé un projet de nouvelle capitale sur l’île de Bornéo, à plus de 1 000 km de distance. Cependant, trois ans après le début des travaux, la ville encore en construction est devenu un haut lieu de la prostitution et des jeux d’argent, des activités d’ordinaire totalement proscrites dans le pays.
Un multiplication de la prostitution et des jeux d’argent
En 2019, l’ancien président de l’Indonésie Joko Widodo lançait un projet de relocalisation de la capitale Jakarta. Il faut dire qu’au fil des années, la ville de 11 millions d’habitants se situant sur l’île de Java est devenue de moins en moins vivable. En effet, en proie à un important affaissement, Jakarta se noie petit à petit et essuie régulièrement de graves innondations. Deux raisons sont à l’origine de la catastrophe, à savoir la montée du niveau de la mer et la fragilisation des fondations des constructions en raison du pompage des nappes phréatiques. A cela s’ajoutent d’autres problèmes, notamment des embouteillages quotidiens insoutenables, une forte pollution atmosphérique et des risques sismiques.
En 2022, le Parlement indonésien vote une loi validant l’emplacement de la nouvelle capitale baptisée Nusantara, dans la province du Kalimantan oriental (île de Bornéo). Dans la foulée, les travaux débutent avec l’arrivée de 27 000 ouvriers mais une importe dérive s’est alors installée dans la ville encore en travaux, comme le révélait l’agence de presse gouvernementale Antara News le 12 juillet 2025. L’autorité régissant la nouvelle capitale a souligné une forte augmentation de la prostitution dans la nouvelle capitale.
Cependant, comme l’indiquait le South China Morning Post le 21 juillet 2025, la prostitution n’est pas la seule dérive puisque les jeux d’argent se sont également multipliés à Nusantara. Pourtant, ces deux activités sont d’ordinaire absolument proscrites dans le pays. Il est facile d’imaginer qu’une certaine clémence ait été accordée à ces travailleurs ayant quitté leurs familles pour de longs mois. Cependant, cette souplesse semble avoir ses limites.

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Comment les autorités réagissent-elles ?
Après avoir dans un premier temps botté en touche, l’autorité en charge de la nouvelle capitale a déclaré vouloir renforcer la surveillance des maisons d’hôtes, des hôtels et autres auberges. Pour faire respecter la loi, les officiels ont déployé la police nationale, ainsi que l’armée. L’objectif est d’éviter que la nouvelle capitale Nusantara, dont la construction n’est pas terminée, fasse l’objet d’une mauvaise réputation et d’une image dégradée aux niveaux national et international. Pour les responsables, il s’agit de souligner l’importance du respect des normes éthiques et de la promotion d’une conduite responsable des affaires auprès de tous les acteurs de la société urbaine, entre autres.
Pour le sociologue Derajad Sulistyo de l’Université de Yogyakarta (Indonésie), la raison à l’origine de cette prostitution galopante est bien connue et ne concerne pas seulement la nouvelle capitale. L’intéressé a expliqué que le démantèlement des « red-light district » sur l’île de Java a poussé les nombreuses travailleuses du sexe à migrer vers d’autres régions du pays. Or, la plupart de ces femmes travaillent hors réseau officiel, de manière clandestine et louent des chambres dans des lieux ordinaires.
Dans un autre article publié le 22 aout 2025, Antara News a affirmé que selon le nouveau président Prabowo Subianto en place depuis fin 2024, le développement de Nusantara est toujours d’actualité sans pour autant être une priorité. Dans la mesure où l’homme d’état préfère concentrer les fonds disponibles vers d’autres projets comme la baisse des prix des logements ou encore, la sécurité alimentaire, la situation actuelle à Nusantara ne devrait pas facilement s’arranger. De plus, il semble que les autorités locales et le gouvernement du pays ne soient pas toujours sur la même longueur d’onde à ce sujet.
