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Indonésie : Découvrez le fleuve le plus pollué au monde

Crédits : geraldsimon00 / Pixabay

Le Citarum a la réputation d’être le fleuve le plus pollué de la planète. Déversement direct de déchets industriels, pollution de déchets domestiques par les habitants riverains, ce fleuve situé en Indonésie est régulièrement recouvert de déchets et est complètement saturés par endroits. Focus sur les raisons de l’hyper pollution de ce fleuve pourtant vital pour environ 5 millions de personnes.

Le fleuve Citarum est le plus long de l’île de Java en Indonésie. D’une longueur de 300km, il prend sa source au sud de l’île, au mont Wayang, puis se jette dans la mer de Java. Ce fleuve nourrit la faune, la flore, et recharge les nappes phréatiques : il constitue donc un apport en eau potable pour la population. Il approvisionne également en énergie hydraulique des villes très peuplées telles que Bandung ainsi que la capitale Jakarta. Il s’avère que le développement économique rapide et l’accroissement démographique de la population ont entrainé une situation insoutenable autour du fleuve. L’urbanisation et l’industrialisation ont transformé le Citarum en décharge à tel point qu’il ne remplit plus, par endroits, les fonctions élémentaires d’un fleuve comme l’approvisionnement en eau potable.

D’une rive à l’autre, le Citarum est souvent saturé par des tonnes de déchets qui y sont déversés chaque jour. Tout type de déchets se mélangent : eaux usées, déchets domestiques, déchets industriels. À son arrivée à Jakarta, le fleuve est noir, bullant. La variation du débit du fleuve montre différents phénomènes à différents endroits. Là où le débit est rapide, le fleuve mousse sous l’effet des produits chimiques et là où le débit est faible, l’eau est parfois bleue sous l’effet de l’efflorescence algale, c’est à dire une augmentation relativement rapide de la concentration de phytoplancton dans un système aquatique. Là où le fleuve est le plus pollué, l’eau peut apparaitre d’une couleur blanchâtre.

Concernant les déchets domestiques, on trouve dans le fleuve des objets aussi divers que des assiettes, des sacs, des déchets alimentaires, des chaussures, des jouets d’enfants, des DVD, des réfrigérateurs, des matériaux de construction, des matelas. Une grille retient ces déchets solides avant l’arrivée du fleuve dans la mer, tandis qu’une grue les récupère pour les déposer sur le rivage. Ceci a engendré un commerce informel de récupération et de revente par certains des habitants les plus démunis.

Les inondations occasionnelles aggravent la situation générale. Les bidonvilles sont emportés par les eaux et parfois le fleuve atteint des quartiers construits en dur, déversant son contenu dans les habitations. Des cadavres d’animaux flottants sont parfois visibles.

Le gouvernement recherche des solutions sur le long terme et pense réhabiliter le fleuve d’ici à 15 ans. Dragage intensif, construction d’usines de traitement des eaux usées, sensibilisation de la population et collecte des déchets efficace constituent des moyens potentiels, tandis que l’absence d’égouts reste problématique. Les autorités indonésiennes veulent s’inspirer de la réhabilitation il y a une dizaine d’années des grands fleuves qui traversent Shanghai (Chine), Singapour, et Manille (Philippines). Une situation qui s’est améliorée grâce à des approches sociales et d’ingénierie, permettant le retour à une qualité correcte de ces fleuves et une nouvelle salubrité soulageant la population, à la fois sanitairement et économiquement.

Sources : Natura SciencesThe TelegraphL’Express