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Inde : dans certains États, le nombre de morts par foudroiement atteint des sommets

Image d'illustration. Crédits : Flickr.

La mousson est arrivée en fanfare cette année sur le sous-continent indien. En particulier, la foudre s’est montrée très présente du centre au nord de l’Inde. Plusieurs centaines de décès ont déjà été rapportés – les États d’Uttar Pradesh et de Bihar comptabilisant la majorité des cas.

Chaque année, le chauffage du sous-continent indien en saison chaude organise la phase humide du régime de vents régional. On parle de mousson d’été. Des masses d’air chargées de vapeur d’eau abondent depuis l’océan Indien en direction du continent avant de se soulever, donnant naissance à d’intenses précipitations orageuses. Des pluies salvatrices après la chaleur et la sécheresse caractéristiques du printemps et du début d’été.

Un taux de foudroiement particulièrement élevé

Toutefois, la mousson d’été apporte également son lot de menaces et de dangers. On pense notamment aux inondations d’ampleur catastrophique qui peuvent survenir lorsque des amas orageux stationnent de longues heures sur une même région. Un risque notable mais dont on parle beaucoup moins concerne l’activité électrique. En effet, les chiffres font état d’une moyenne de 2 000 à 3 000 personnes foudroyées par an.

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Le foudroiement. Un des dangers associés aux pluies orageuses caractéristiques de la mousson d’été. Crédits : CC0 Public Domain.

Or, cette année la saison commence fort. Samedi, les autorités indiennes ont indiqué qu’au cours des 10 derniers jours, 147 personnes ont perdu la vie dans l’État de Bihar pour cause de foudroiement. Par ailleurs, pas moins de 215 décès ont été rapportés depuis fin mars. Un chiffre qui surpasse déjà le nombre annuel observé au cours des dernières années. Un autre État tout aussi affecté est l’Uttar Pradesh où le bilan au 4 juillet faisait état d’environ 200 décès. À eux deux, ils regroupent 90 % des morts par foudroiement récemment observées dans le pays. Un phénomène en partie lié à la pauvreté des populations qui y vivent.

Une combinaison de facteurs météorologiques et économiques

La plupart des victimes sont des agriculteurs ou des ouvriers qui effectuent des travaux liés à l’agriculture dans les champs. « Cette année, le nombre d’incidents et de décès dus à la foudre est plus fréquent dans le Bihar et dans l’est de l’Uttar Pradesh car la région connaît une pluie de mousson intense assez tôt dans la saison. Les années précédentes, cette région n’avait généralement pas reçu de telles pluies en juin. Et en raison des bonnes précipitations de cette année, les agriculteurs sont sur le terrain » rapporte Sunitha Devi, membre du ministère national des Sciences de la Terre.

Il s’agit donc de la combinaison d’une activité orageuse élevée pour la période et d’une forte présence d’agriculteurs et d’ouvriers sur des terres exposées qui explique le lourd bilan constaté. « Les cultures kharif sont plantées cette saison. La rizière agit comme un liquide ionique et de nombreux agriculteurs sont électrocutés en même temps » détaille Soma Sen Roy, membre de ce même ministère. Au cours des prochaines heures, la situation météorologique devrait s’améliorer sur les États cités plus haut mais se dégrader ailleurs. En particulier, entre le Gujarat, le Goa, la Côte de Konkan et le Saurashtra.