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Les incroyables capacités visuelles de la mouche à toison

Crédits : iStock

Malgré une taille similaire à celle d’un grain de riz, la mouche à toison possède des capacités visuelles exceptionnelles faisant d’elle un prédateur de choix capable de repérer une proie à des distances très éloignées.

Repérer et « verrouiller » une proie à quelques 50 centimètres de distance, soit environ 100 fois sa taille, la capturer en moins d’une demi-seconde, et ce, sans jamais rater sa cible, voilà ce qui fait de la mouche à toison (ou asilidé) un prédateur redoutable. C’est ce que révèle une équipe de scientifiques dirigée par Paloma Gonzalez-Bellido de l’Université de Cambridge, en Angleterre, dans la revue Current Biology.

Les chercheurs ont utilisé des caméras à haute vitesse pour montrer exactement comment la mouche se positionne pour capturer une cible mobile. Ils ont notamment observé un comportement jamais décrit auparavant dans un animal volant : à environ trente centimètres de sa proie, l’insecte ralentit, tourne légèrement et se rapproche pour une prise à proximité. « Cette phase de verrouillage et ce changement de comportement en vol sont tout à fait remarquables. On pourrait s’attendre à ce qu’elles fassent quelque chose de très simple, accélérer jusqu’à leur proie », déclare Sam Fabian, un étudiant diplômé de Cambridge et coauteur de l’étude.

Ce sont des capacités visuelles exceptionnelles qui permettent à la mouche à toison d’être si performante en chasse. « Quand on pense à des animaux de chasse, on pense à une excellente vision et une bonne vitesse. Mais quand vous êtes un si petit animal, vous avez un très petit cerveau et des capacités sensorielles limitées » , explique Paloma Gonzalez-Bellido.

Alors que nous n’avons qu’un seul cristallin dans chaque œil, la mouche à toison en a plusieurs milliers, de tailles différentes. Au centre de chaque œil, les chercheurs ont constaté une forte densité de capteurs extrêmement petits qui lui permettent de voir sa proie à distance et de la « verrouiller », peut-on lire dans le New York Times. « Nous savions que les asilidés avaient une très bonne vue en comparaison des autres mouches, mais nous ne pensions pas qu’ils étaient capables de se mesurer aux libellules, dont les dimensions sont dix fois supérieures, en matière de résolution de leur rétine. De même, nous n’imaginions pas que ces mouches savaient cibler une victime comme un avion de combat, bien que nous ayons supposé qu’elles puissent synchroniser leur vol avec les mouvements de leurs proies » , explique Paloma Gonzalez-Bellido.