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Incendies en Sibérie : après une relative accalmie, la situation se dégrade à nouveau

Vue satellite d'incendies en République de Sakha le 9 juillet. Crédits : Sentinelhub / Pierre Markuse.

La situation sur le front des incendies reste préoccupante pour une large partie de la Sibérie en cette mi-juillet. Après une relative accalmie au cours des derniers jours, l’activité des feux est brutalement repartie à la hausse le 12 juillet.

En cause, des températures anormalement élevées et un manque de précipitations qui maintiennent un contexte favorable à la multiplication rapide des foyers. Au niveau de la géographie, la République de Sakha reste le sujet fédéral le plus touché. L’état d’urgence y a d’ailleurs été déclaré le 2 juillet dernier. Cette situation fait suite à une année 2019 déjà marquée par une saison des incendies particulièrement active.

L’ensemencement des nuages pour contenir les incendies 

Selon les estimations fournies par Greenpeace sur la base de mesures satellitaires, les incendies russes ont déjà affecté près de 9,5 millions d’hectares depuis le début de l’année. Soit une superficie supérieure à celle du Portugal. Actuellement, on dénombre toujours plus de 300 feux actifs répartis sur quelque 370 000 hectares. Étant donné l’importante étendue concernée, les pompiers s’occupent très essentiellement de ceux localisés à proximité d’habitations ou d’infrastructures. Aussi, ce samedi le service a indiqué qu’il luttait contre 136 incendies sur 43 000 hectares.

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Particules de fumées associées aux incendies en République de Sakha entre le 12 et le 13 juillet. Crédits : AC SAF / @Atmospheric_SAF.

Outre les techniques habituellement utilisées en vue de maîtriser les brasiers, l’ensemencement des nuages a été évoqué par le Service aérien de protection des forêts russe. Un procédé qui consiste à injecter des particules d’iodure d’argent dans les nuages afin de faire pleuvoir localement. Son efficacité reste cependant à démontrer.

Des effets en cascade sur le système climatique

Si les feux ont des impacts directs sur l’environnement de proximité, ils ont également une influence plus générale sur le système climatique. En particulier, la combustion libère du dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère. Sur le seul mois de juin, près de 60 millions de tonnes de CO2 ont ainsi été émises. Ce chiffre, qui inclut également les incendies plus limités en Alaska, établit un record mensuel depuis le début des observations en 2003.

feux de forêts
Proxy radiatif de l’activité des incendies en juillet pour 2020 (rouge), 2019 (jaune) et la moyenne 2003-2018 (gris). Notez l’accalmie relative du 4 au 11 juillet puis la reprise brutale le 12. Crédits : Copernicus / ECMWF.

Ajoutons également les particules de fumée qui se propagent sur de grandes distances et dont une partie retombe sur la banquise arctique. Par ce mécanisme, les foyers les plus septentrionaux tendent à assombrir les glaces. Lesquelles reflètent moins de rayonnement solaire et subissent de fait une fonte accélérée. Aussi, ce n’est peut-être pas une coïncidence si l’extension de banquise arctique se situe présentement au niveau des records bas. Tout du moins, on peut penser que le dépôt de particules a participé au dégel rapide récemment constaté.

Bien que le réchauffement climatique favorise de façon toujours plus pressante ce type de situation, l’entretien des forêts russes est également à considérer. En effet, celui-ci est loin d’être adapté et les espaces naturels se retrouvent mal gérés. Le financement limité du service concerné explique en partie cet état de fait. Par conséquent, les incendies se développent et se propagent avec une grande liberté dès que la situation météorologique devient favorable.

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