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Un implant d’un nouveau genre pour lutter contre l’addiction aux drogues dures

Crédits : Wikimedia Commons / Josabeth

Des experts médicaux américains se penchent sur la commercialisation d’un implant capable d’aider les personnes souffrant d’addiction aux opiacés à décrocher.

L’addiction aux drogues dures, notamment l’héroïne, est devenue un fléau à l’échelle mondiale. Aux États-Unis, le nombre de morts par overdose aux opiacés a doublé entre 1999 et 2013, tuant 44 000 personnes par an soit plus que le nombre de morts sur la route par exemple. À l’heure actuelle, on utilise du buprénorphine pour désintoxiquer un patient. Pris par voie orale, ce traitement est efficace, mais comporte des risques en cas de consommation abusive. À l’instar de la méthadone, autre produit de substitution, ce produit est également susceptible d’être revendu par les patients afin qu’ils puissent se procurer de la drogue.

C’est pour cela que des chercheurs américains ont mis au point un implant sous-cutané capable de délivrer pendant six mois des doses quotidiennes de buprénorphine. Baptisé Probuphine, c’est une sorte de petite tige de la taille d’une allumette dosée en fonction des besoins de chaque individu. Ce traitement d’un nouveau genre permet aux patients de mieux prendre en charge leur addiction et de limiter la stigmatisation en éliminant la nécessité de prendre le médicament chaque jour.

Crédits : Pixabay

Braeburn Pharmaceuticals, le laboratoire qui commercialise l’implant, l’a testé sur des patients jugés stables (qui consommaient la buprénorphine correctement avant de se voir poser l’implant). Selon les chercheurs, 85 % des patients ont complètement stoppé leur consommation de drogues contre 72 % des personnes utilisant le traitement sous la forme de cachet.

Néanmoins, certaines voix se sont élevées. Les détracteurs du Probuphine mettent en avant le manque de suivi psychologique des patients une fois le processus terminé. Lorsqu’on sait qu’il faut souvent plusieurs années pour se défaire des addictions aux drogues dures, l’implant n’incitera donc pas les patients à se rendre aux consultations, « l’élément essentiel du sevrage au-delà de la médication » soulignent-ils.

L’Agence américaine du médicament (FDA) devra trancher le 28 février prochain sur l’approbation du Probuphine et sa mise en vente sur le marché.

Source : MetroNews