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Que sait-on du nouvel implant cérébral testé par Neuralink ?

Crédits : capture YouTube / Neuralink

L’entreprise américaine Neuralink teste actuellement une puce connectée à portée médicale sur des truies. À terme, la technologie pourrait aider à redonner la parole et la mobilité à des personnes paralysées.

Contrairement aux deux autres entreprises conduites par Elon Musk, SpaceX et Tesla, la start-up Neuralink est restée assez discrète depuis l’annonce de son lancement en 2017. À l’époque, il était question de connecter des cerveaux humains à des ordinateurs via un dispositif cérébral.

Dans un premier temps, ces interfaces cerveau-machine pourraient être utilisées pour traiter les troubles cérébraux. Citons notamment la maladie de Parkinson, l’épilepsie et la dépression. Ils pourraient également être utilisés en conjonction avec des appareils d’assistance, permettant de contrôler des membres artificiels par la pensée.

À terme cependant, la technologie prendrait prendre une tournure plus “transhumaniste”, permettant aux futurs humains de contrôler des appareils externes avec leur esprit, de transmettre des pensées directement au cerveau d’une autre personne et même d’augmenter les capacités cognitives.

Évidemment, on n’en est pas encore là. Mais où en est-on, exactement ? Difficile à dire. Depuis 2017, toutes les informations sur ce projet sont en effet distillées au compte-goutte. Ce vendredi, Elon Musk a finalement fait le point.

Une “pièce de monnaie” dans le cerveau

À l’origine, l’interface devait prendre la forme de petites électrodes implantées dans le cerveau, reliées à un appareil situé près de l’oreille. Dans le cadre de cette conférence, Musk a présenté un nouveau prototype évoluant vers une solution plus intrusive. Les fils des électrodes et le boîtier ont finalement été remplacés par une puce de la taille d’une petite pièce de monnaie.

Dans l’idée, celle-ci est ensuite implantée à l’intérieur le crâne, à la surface du cortex cérébral, la couche la plus externe à l’avant du cerveau. L’implant capte ensuite les signaux de l’activité cérébrale à l’aide de 1024 électrodes en forme de fil, chacune plus fin qu’un cheveu humain. Cette puce transmet finalement les données via Bluetooth à des appareils extérieurs dans un rayon d’environ cinq à dix mètres.

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Elon Musk montre la dernière version des implants de son entreprise. Crédits : Neuralink

Concernant la chirurgie, Elon Musk a assuré qu’elle serait «très légère» et qu’elle pourrait être «réalisée en moins d’une heure sans anesthésie générale». Mais surtout, qu’elle serait également «réversible». L’opération serait réalisée par un robot chirurgical de pointe pensé par Neuralink, qui ne laisserait qu’une petite cicatrice dans le cuir chevelu.

Cette petite puce serait également dotée d’une batterie suffisamment puissante pour fonctionner toute une journée. L’implant serait ensuite rechargeable par induction (via des ondes électromagnétiques) grâce à un appareil semblable à un pommeau de douche posé à proximité du crâne.

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Elon Musk présente le robot qui doit permettre de poser l’implant. Crédits : Neuralink

Un équipement testé sur des truies

Musk a ensuite présenté les premiers sujets bénéficiaires de cette nouvelle technologie : un groupe de truies. Parmi elles figuraient un animal témoin (sans implant) et un second porc dont le dispositif avait été retiré. Une manière pour Neuralink de prouver que l’opération était bel et bien réversible et sans danger.

Enfin, une troisième truie nommée Gertrude s’est dandinée avec son implant toujours en place. Grâce à elle, Musk a montré qu’il était possible de mesurer en temps réel l’activité neuronale de l’animal, dictée par le cellules sensorielles basées dans son museau.

Prochain arrêt : les humains

Ce vendredi, Musk a annoncé que la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis avait accordé au projet de Neuralink le statut de “dispositif révolutionnaire” en juillet. Il s’agit d’une désignation permettant d’accélérer le processus d’examen. Grossièrement, l’entreprise engage désormais un dialogue permanent avec la FDA, de manière à identifier les types de données qu’elle devra collecter pour que l’approbation soit finalement accordée.

Une fois cette approbation obtenue, les premiers essais humains viseront à aider les personnes tétraplégiques, a déclaré Musk. En revanche, on ne sait pas encore quand ces expériences pourraient débuter.