in

Il y a 430 000 ans, une énorme boule de feu s’est abattue sur l’Antarctique

Crédits : Mark Garlick

Il y a environ 430 000 ans, une énorme boule incandescente de gaz chaud s’est écrasée en Antarctique. Il y a quelques mois, des scientifiques ont retrouvé de minuscules débris formés juste avant l’impact. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Science Advances.

Une équipe dirigée par le géoscientifique Matthias van Ginneken, de l’Université du Kent (Royaume-Uni) a récemment échantillonné des sédiments au sommet de l’une des montagnes de Sør Rondane, dans la région de la terre de la Reine-Maud. Pour vous situer, nous sommes au nord du continent blanc. Des analyses au microscope électronique ont alors souligné la présence de particules minérales.

« À ma grande surprise, j’ai trouvé ces particules très étranges qui ne ressemblaient pas à des particules terrestres… mais elles ne ressemblaient pas non plus à des micrométéorites », écrit le chercheur.

« Contrairement aux micrométéorites, qui ressemblent à de la poussière fine, environ la moitié des échantillons ressemblaient à plusieurs petites pierres fusionnées ensemble », poursuit-il. « Certains portaient de minuscules taches de matériau sur leur surface, tandis que d’autres portaient des marques distinctes, presque en forme de flocon de neige ».

Une origine extraterrestre

Des analyses chimiques ont révélé que ces particules (de 100 à 300 micromètres de diamètre) contenaient principalement de l’olivine et du spinelle (riche en fer) fusionnés par une petite quantité de verre. D’après les auteurs, cette composition correspondait étroitement à celle d’une classe de météorites connues sous le nom de chondrites CI, confirmant que ces particules contenaient du matériel provenant d’un astéroïde.

La grande quantité de nickel contenue dans les particules a également confirmé une origine extraterrestre. Pour rappel, cet élément n’est pas très abondant dans la croûte terrestre.

Pour les chercheurs, la composition chimique des particules suggère qu’elles se sont formées il y a un plusieurs centaines de milliers d’années au cours d’une explosion aérienne dans la basse atmosphère. De fait, elles seraient probablement l’œuvre d’une grosse météorite se vaporisant avant de toucher le sol. Mais à quel niveau se sont-elles formées ?

Pour le savoir, les chercheurs se sont concentrés sur les isotopes d’oxygène de ces particules (ormes d’oxygène avec différents nombres de neutrons) dans le but d’évaluer la quantité d’oxygène présente lors de leur formation. Par rapport au matériau chondrite typique, les échantillons étaient ici très riches en oxygène, ce qui suggère qu’ils se sont formés très près du sol.

antarctique
Certaines des particules d’impact recueillies dans les montagnes de Sør Rondane, en Antarctique. Crédits : Scott Peterson

Un violent impact il y a 430 000 ans

Pour dater cet événement, l’équipe s’est tournée vers d’autres rapports de touchés de météorites similaires.

Il s’est avéré que des particules similaires ont déjà été capturées dans des carottes de glace prélevées sur deux autres sommets de l’Antarctique (EPICA Dome C et Dome Fuji). D’après ces études, ces météorites seraient tombées sur Terre il y a respectivement 430 000 et 480 000 ans. En comparant ces nouvelles particules avec celles déjà datées, les auteurs estiment qu’elles se sont formées il y a environ 430 000 ans.

Enfin, compte tenu de la taille, de la forme et de la densité de ces restes extraterrestres, l’équipe a tenté d’estimer la taille de leur astéroïde parent : entre 100 et 150 mètres de diamètre.

Sur la base de simulations numériques, il s’avère en effet qu’un tel astéroïde ne pourrait atteindre le sol. « Au lieu de cela, il serait vaporisé dans un nuage de gaz météoritique surchauffé », note le Dr Van Ginneken. « Le nuage de gaz continuerait ensuite à tomber vers le sol à une vitesse similaire à celle de l’astéroïde d’origine. Nous parlons de kilomètres par seconde ».

Ici, la boule de gaz est écrasée en Antarctique, mais notez qu’un panache aussi dense et incandescent serait extrêmement destructeur en cas d’impact dans une région peuplée. Ainsi l’étude suggère « que nous devrions nous inquiéter davantage de ces astéroïdes plus petits – mesurant de quelques dizaines de mètres à 200 mètres de diamètre – que des astéroïdes beaucoup plus gros entraînant des événements de cratérisation par impact ».