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Une étude confirme l’impact des forêts boréales sur les nuages bas

Crédits : Max Pixel.

Des travaux récents basés sur un ensemble de mesures satellitaires et d’observations de terrain confirment la capacité des forêts boréales à moduler la réflectivité des nuages de basses couches. Or, cette influence pourrait tempérer la hausse future des températures à l’échelle continentale. Les résultats ont été publiés dans la revue scientifique Nature Geoscience.

Les forêts ont des influences aussi diverses que variées sur le climat, et ce, aussi bien à l’échelle régionale que globale. L’une d’elles tient à l’émission de composés organiques volatils par les végétaux. Il s’agit de précurseurs gazeux qui vont stimuler la formation de particules d’échelle microscopiques que l’on appelle plus communément des aérosols.

Or, ces derniers jouent un rôle majeur dans la physique des nuages. En modifiant la quantité d’aérosols disponible dans les basses couches de l’atmosphère, les forêts peuvent par conséquent altérer les propriétés des nuages et, par ce biais, influer sur le climat. Toutefois, cet effet reste à ce jour mal quantifié.

forêts nuages bas
Crédits : CC0 Public Domain.

Une  nette influence des forêts boréales sur la couverture nuageuse

Dans une étude parue le 23 décembre dernier, des chercheurs ont décrit l’influence de ce processus dans les régions de forêts boréales sur la base de données récoltées en 2014 au sud de la Finlande. Les observations satellitaires et les mesures de terrain effectuées à la station de recherche SMEAR II ont confirmé la production d’aérosols secondaires par les composés organiques volatils. Cependant, elles ont surtout confirmé et détaillé l’important l’effet qu’avaient ces particules sur la réflectivité des nuages bas.

Plus précisément, en enrichissant la couche limite atmosphérique en aérosols et en humidité, les forêts boréales augmentent de façon substantielle l’éclat des couches nuageuses les plus basses. Aussi, toute augmentation ou diminution des émissions de composés organiques volatils est respectivement en mesure d’amortir ou d’amplifier les évolutions climatiques. Dans le cas de la reforestation ou d’une meilleure gestion des forêts, le rayonnement solaire renvoyé vers l’espace par le surplus de nuages bas pourrait par exemple limiter la hausse de la température à l’échelle continentale.

« Nos résultats suggèrent que même de petits changements dans les émissions des précurseurs d’aérosols, qu’ils soient dus à des facteurs climatiques ou anthropiques, peuvent modifier considérablement les propriétés radiatives des nuages ​​dans les environnements modérément pollués », conclut l’étude dans son résumé.