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Les funérailles ont un impact écologique loin d’être négligeable

Crédits : kzenon / iStock

Il y a quelques années, une étude française s’intéressait à l’impact écologique des funérailles. Lorsque l’on perd un proche, cet aspect écologique est le cadet de nos soucis. Et pourtant, de plus en plus de personnes souhaitent un enterrement dans le respect de l’environnement.

Un bilan carbone plus favorable pour la crémation

Dans notre pays, les inhumations et crémations sont les modes d’obsèques les plus utilisés. Cependant, une étude commandée par La Fondation des Services Funéraires Ville de Paris en 2017 pointe l’impact écologique de ces modes d’obsèques. Or, il faut savoir les aspects peu écologiques de ces pratiques sont plutôt nombreux.

L’étude indique par exemple qu’il est possible d’éviter les soins de thanatopraxie (ou soins de conservation). Ces soins sont nocifs pour la personne qui les prodigue et sont également très mauvais en matière de pollution de l’air en cas de crémation. Ils sont aussi nocifs pour les sols en cas de mise en terre. L’alternative est la conservation du corps plusieurs jours sans dégradation dans les cellules réfrigérées d’un funérarium.

Le terme « enterrement écologique » a-t-il une valeur ? Selon l’étude, le bilan carbone de la crémation serait moins important que celui de l’inhumation. En effet, l’inhumation intègre le matériau du cercueil ainsi que les matériaux requis pour la stèle et le monument. L’étude donne l’exemple d’une inhumation s’accompagnant de la construction d’un caveau et de la pose d’un monument (importé d’Asie du Sud-Est). Elle aurait alors le même bilan carbone que cinq crémations. Évidemment, cela pose au passage la question de la provenance des matériaux.

urne funéraire
Crédits : Anze Furlan / iStock

Des cimetières écologiques

Il faut également prendre en compte les rejets par le corps humain, souillant la terre et s’infiltrant dans les eaux. Citons aussi l’utilisation de produits pour l’entretien du cimetière. L’étude révèle quelques chiffres pour donner à la population l’occasion de réfléchir sur le sujet. La crémation serait 3,6 fois moins polluante que l’inhumation. Le refus des soins de conservation peut faire réaliser une économie de 400 euros en moyenne. De plus, les thanatopracteurs injectent entre six et dix litres de formol dans chaque corps. Or, plus de trois litres se retrouveront ensuite dans les sols.

Les « cimetières écologiques », qui refusent par exemple les corps ayant subi des soins de conservation, représentent ici une alternative. Ils ont aussi recours à des stèles et des cercueils en carton ou en bois non vernis. Évoquons également l’existence des sites cinéraires écologiques. Enfin, il existe d’autres possibilités. En 2019, l’État américain de Washington a par exemple légalisé le compost humain. En pratique, ce compostage humain est également une alternative écologique en plein essor. De plus, et ce n’est pas nouveau, il est toujours possible de faire don de son corps à la science.