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Des astronomes photographient une exoplanète à 63 années-lumière

Crédits : Collaboration GRAVITY / Axel M. Quetz, Département graphique MPIA

Une équipe d’astronomes s’est appuyée sur le Very Large Telescope de l’ESO pour imager une exoplanète proche âgée d’une vingtaine de millions d’années. Les détails de l’étude sont publiés dans Astronomy & Astrophysics.

Si l’on dénombre aujourd’hui plus de 4 200 mondes dans plus de 2 800 systèmes planétaires, rappelons que toutes ces planètes ont été repérées par des moyens indirects (méthode du transit ou de vitesse radiale, principalement). Et sur cet échantillon, seules quelques-unes ont pu être imagées directement. À de telles distances, et compte-tenu de la luminosité de leur étoile hôte, l’entreprise est en effet très compliquée. Chaque nouvelle photo est donc un petit événement.

Récemment, des astronomes ont pu obtenir l’image d’une exoplanète située à seulement 63 années-lumière de la Terre. Son nom : Beta Pictoris c (β Pic c), une géante gazeuse en orbite autour de – vous l’avez deviné – Beta Pictoris. La planète est 8,2 fois plus massive que Jupiter, et tourne autour de son étoile en 3,4 ans, à une distance de 2,7 unités astronomiques (2,7 fois la distance Terre – Soleil).

Cette étoile est encore très jeune, âgée d’environ 23 millions d’années. À ce stade, elle est encore entourée de son disque de débris proto-planétaires. Dans ce système encore naissant, les astronomes ont repéré deux mondes formés il y a moins de 19 millions d’années. Beta Pictoris c, découverte l’année dernière, est la deuxième de ces planètes. La première – Beta Pictoris b – avait été découverte en 2008.

Une premier regard sur Beta Pictoris c

Comme expliqué plus haut, très peu d’exoplanètes peuvent être directement imagées avec notre technologie actuelle. Et pour cause : elles doivent être suffisamment grosses et proches de la Terre, mais en même temps suffisamment éloignées de leur étoile pour ne pas être éblouies par leur lumière. D’où l’intérêt de ce système planétaire, qui remplit ici tous les critères.

Il y a deux ans, cette première exoplanète treize fois plus massive que Jupiter, qui gravite autour de son étoile à une distance d’environ neuf unités astronomiques, avait ainsi pu être imagée directement. Dans le cadre de la collaboration ExoGRAVITY, un projet s’appuyant sur l’instrument GRAVITY du Very Large Telescope Interferometer, des astronomes ont pensé que β Pic c ferait donc une excellente candidate pour l’imagerie directe. Le système est présenté ci-dessous :

exoplanète
On distingue ici les deux planètes entourant leur étoile. Le disque de débris est également clairement visible. Crédits : Collaboration GRAVITY / Axel M. Quetz, Département graphique MPIA

La prochaine étape, pour les astronomes, sera de capturer des spectres détaillés de la lumière émise par l’exoplanète. À partir de là, ils peuvent déterminer sa composition atmosphérique. Cette même technique, expérimentée sur d’autres mondes plus prometteurs, sera essentielle pour rechercher des signes de vie ailleurs dans la galaxie.