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Ils veulent utiliser l’ombre des arbres pour détecter de la vie sur les exoplanètes !

Crédits : Nasa

Dans le but de repérer une forme de vie cellulaire sur une autre planète, des chercheurs proposent une idée surprenante. Les scientifiques désirent utiliser l’ombre des arbres. L’hypothèse est encore jeune, mais celle-ci a le mérite d’explorer une piste intéressante.

Une technique surprenante

En août 2020, le satellite TESS a terminé sa mission principale de deux ans avec plusieurs découvertes significatives à son actif. Ce dernier est à l’origine des deux tiers de la découverte de plus de 4 200 exoplanètes faites à ce jour. Néanmoins, malgré le nombre de planètes détectées, les scientifiques n’ont encore repéré aucune forme de vie extraterrestre. Dans une publication dans l’International Journal of Astrobiology le 1er octobre 2020, des chercheurs de la Northern Arizona University (États-Unis) proposent une méthode de recherche plutôt étonnante. Selon eux, il faudrait s’intéresser aux arbres, ou plutôt à leur ombre.

Les meneurs de l’étude disent avoir placé leur intérêt dans une forme de vie en particulier. Il est question de la vie multicellulaire photosynthétique verticale abondante, provenant des arbres. Cette vie projetterait des ombres à des angles solaires importants, des angles qui permettront de la distinguer de la vie unicellulaire “classique”.

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Le satellite TESS
Crédits : NASA

Pas encore assez de marge

Les scientifiques étasuniens testent leur méthode en faisant comme si la Terre était une exoplanète. Sur Terre, on compte environ 3 mille milliards d’arbres. Or, chacun a sa propre ombre différente de celle que les objets inertes projettent sur le sol. En tout cas, l’idée repose sur l’hypothèse suivante : la vie multicellulaire ayant le plus de chances d’être présente abondamment serait les organismes photosynthétiques verticaux.

Quant aux ombres obtenues via les angles solaires, ceci n’est pas encore avéré. Le cas échéant, il faudra parvenir à les détecter sur l’exoplanète. Le fait est que les prochains télescopes qui observeront le ciel n’auront probablement pas beaucoup de marge. Or selon les scientifiques, ceux-ci n’auront qu’un seul pixel sur les images pour déterminer si la vie est présente ou non.

Les tests à grande échelle ont nécessité l’usage des données de l’instrument Polder du CNES. L’objectif ? Analyser les nuages et aérosols et observer l’ombre des arbres sur Terre à différents moments de la journée. La définition des arbres a été ramenée à un pixel afin de représenter ce que verrait un observateur contemplant la Terre tourner autour du Soleil. La méthode permet selon les chercheurs de distinguer la vie multicellulaire grâce aux ombres. En revanche, lorsque la planète est réduite à un pixel, ceci devient très compliqué.

Dans l’attente des avancées technologiques

Pour les chercheurs, il est important de ne pas abandonner cette piste. Selon eux, celle-ci pourrait encore fonctionner mais doit faire l’objet de davantage de recherches pour pouvoir être utilisée en toute confiance. Cette étude a au moins le mérite de mettre en lumière le potentiel des arbres et de leurs ombres pour la recherche d’une vie extraterrestre.

Dans un futur plus ou moins proche, les futurs télescopes pourraient observer les planètes avec davantage de pixels. Autrement dit, ces avancées technologiques pourraient éventuellement donner plus de crédit à cette méthode.