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Ils proposent une reconstitution numérique de l’antique machine d’Anticythère !

Crédits : Wikipedia

Une équipe de chercheurs britanniques a récemment proposé une reconstitution numérique de la machine d’Anticythère. Ce travail de reconstruction est le plus avancé à ce jour concernant cette relique. Selon les meneurs de l’étude, une chose est certaine : le savoir technologique des Grecs de l’Antiquité dépasse l’idée que nous nous en faisions jusqu’à aujourd’hui.

Qu’est-ce que la machine d’Anticythère ?

La machine d’Anticythère (ou mécanisme d’Anticythère) est considérée comme étant le premier calculateur analogique antique connu. Celle-ci permettait de calculer des positions astronomiques à l’aide d’engrenages manuels (roues dentées). Il s’agissait d’anticiper les mouvements des planètes que les Grecs connaissaient à l’époque – ainsi que le Soleil et la Lune – afin de les corréler avec le calendrier des événements sociétaux (ex : Jeux olympiques).

À notre connaissance, il n’existe qu’un seul exemplaire de cette machine, dont la découverte des fragments de bronze date de 1901. Ceux-ci se trouvaient dans l’épave d’une galère romaine antérieure à 87 av. J.-C., près de l’île grecque d’Anticythère. Surtout, ce seul exemplaire est incomplet et ne représente qu’un tiers de ce que fut réellement la machine.

Une reconstitution numérique remarquable

En raison de sa valeur historique, personne n’a tenté de démonter cette mystérieuse machine. Néanmoins, une équipe de recherche de l’University College of London (Royaume-Uni) a récemment proposé une reconstitution numérique remarquable et surtout, d’une avancée inédite. Leur publication dans la revue Scientific Reports le 12 mars 2021 détaille ces travaux réalisés à partir de scans tomographiques permettant d’obtenir un volume à partir de mesures. Or, ces mêmes scans datant de plusieurs années avaient déjà révélé des inscriptions dissimulées dans la machine, à savoir des données mathématiques concernant son fonctionnement.

Les meneurs de l’étude ont combiné les scans tomographiques aux calculs du conservateur étasunien Michael Wright. L’intéressé avait par le passé construit une réplique incomplète. Les chercheurs ont également pris en compte les calculs du philosophe grec antique Parménide. Ce dernier choix était plutôt judicieux dans la mesure où pour obtenir une réplique fidèle, il incombe d’intégrer les postulats en vigueur durant la Grèce Antique. Parmi ces postulats, nous retrouvons l’idée que tout tourne autour de notre planète (géocentrisme).

machine d’Anticythère
Crédits : University College of London

Un mécanisme génial ultra-précis

À partir de leurs travaux, les scientifiques ont pensé que la machine d’Anticythère provenait d’une ingénierie relevant du génie. L’étonnement fut tel qu’il estimèrent que les idées que nous nous faisons des capacités technologiques des Grecs de l’Antiquité doivent faire l’objet d’une remise en question. Dans les faits, la reconstruction numérique a montré que les mécanismes de la machine sont ultra-précis. Tout est millimétré et ceci n’est pas un hasard, puisque les engrenages manuels tiennent dans un compartiment dont la profondeur est de seulement 2,5 cm.

Les chercheurs ont également été surpris par les capacités de la machine. Cette dernière pouvait calculer les longitudes écliptiques de la Lune, du Soleil ainsi que celle des planètes. Elle pouvait également calculer les phases synodiques des planètes, prévoir les éclipses, ainsi que les levers et couchers héliaques d’étoiles et de constellations de grande taille.

Des erreurs ont été néanmoins découvertes. Cependant, celles-ci ne sont pas le fait du mécanisme en lui-même, mais de la théorie du géocentrisme. Si les calculs géométriques étaient d’une certaine finesse, cette théorie erronée rendait bien plus difficile la prédiction des mouvements des planètes. Pour les chercheurs, la prochaine étape sera de procéder à la reconstruction physique de la machine, et ce à l’aide de leur récente reconstitution numérique.