in

Ils parviennent à étudier l’einsteinium, l’élément N°99 du tableau périodique

Crédits : Elchinator / Pixabay

L’einsteinium tient son nom de l’illustre physicien Albert Einstein. Des chercheurs étasuniens ont étudié cet élément et ont publié des travaux. Néanmoins, leurs recherches ont été interrompues par la pandémie de Covid-19.

En hommage à Albert Einstein

Le tableau périodique des éléments (ou table de Mendeleïev) regroupe tous les éléments chimiques, classés par numéro atomique croissant. Parmi les différents éléments présents dans ce tableau contient, certains sont connus de tous. Citons par exemple l’oxygène, le carbone, le magnésium ou encore l’or. Beaucoup d’autres le sont toutefois beaucoup moins, à l’instar de l’einsteinium (Es 99). Découvert en 1952 après l’analyse des résultats de la première explosion d’une bombe H, cet élément de type synthétique a été nommé ainsi en hommage à Albert Einstein (1879-1955).

Depuis la découverte de l’einsteinium, les acteurs du monde scientifique ont rarement eu l’occasion de l’étudier. En effet, il est très difficile de le créer. Une équipe composée de chercheurs de l’Université de Berkeley et du Laboratoire national de Los Alamos (États-Unis) ont néanmoins récemment affirmé avoir réussi à mesurer les propriétés de l’élément. Leurs travaux ont fait l’objet d’une publication dans la revue Nature le 3 février 2021.

tableau periodique 2
2012rc / Wikipedia

Un élément difficile à obtenir

Dans un communiqué, l’une des responsables de l’étude Rebecca Abergel explique que nous ne savons encore pas grand-chose concernant l’einsteinium. En revanche, l’étude représente une avancée remarquable puisque les physiciens ont pu étudier une petite quantité de matériau. Selon la chercheuse, les progrès en matière de compréhension du comportement chimique de l’einsteinium ouvrent en effet la voie au développement futur de nouveaux matériaux ou de nouvelles technologies.

Avec ses 99 protons, l’einsteinium fait partie des éléments transuraniens, c’est-à-dire plus lourds que l’uranium (U 92). Pour l’obtenir, les chercheurs ont dû mettre en place une très importante logistique. Leur espoir résidait dans le bombardement de curium (Cm 96) avec des neutrons. L’objectif était alors de déclencher une réaction en chaîne et produire le fameux matériau dans sa forme pure. Malheureusement, le processus chimique a été plusieurs fois contaminé par un autre élément : le californium (Cf 98).

La pandémie a marqué un coup d’arrêt

Après l’obtention du matériau, il faut l’étudier rapidement avant l’inévitable désintégration radioactive. Les chercheurs disposaient alors d’einsteinium-254, un isotope ayant une demi-vie de 276 jours. Après cette période, l’élément se désintègre de moitié et n’est plus présent en quantité suffisante pour s’intégrer à des travaux. Les chercheurs ont ainsi pu réaliser diverses expériences, mais la pandémie de Covid-19 a stoppé les recherches. Après leur retour sur leur lieu de travail, les chercheurs ont découvert que l’isotope avait dépassé sa demi-vie. À court terme, tout reprendre à zéro en partant de la création de l’élément n’a pas été envisagé.

Malgré cela, les physiciens ont pu mesurer la longueur de liaison de l’einsteinium. Cette propriété apporte des précisions sur la façon dont un métal se lie à d’autres molécules ou encore quel type d’interaction chimique ce même métal pourrait avoir. Les scientifiques ont aussi caractérisé le comportement physico-chimique de l’einsteinium. Pour les responsables de l’étude, la compréhension de la fin du tableau périodique se précise et pourrait conduire à la découverte de nouveaux éléments.