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Ils ont repéré un trou noir dévorant une étoile à neutrons

Crédit: Carl Knox

Une équipe d’astronomes de l’Université nationale australienne annonce avoir été témoin, dans une galaxie lointaine, d’un véritable massacre cosmique. Un trou noir dévorant une étoile à neutrons.

Une rencontre mouvementée

L’Univers n’est pas tout sage. Il survient, très souvent, des événements si cataclysmiques et si désastreux que notre pauvre petit cerveau peine à les appréhender. Comme cette véritable tragédie, repérée le 14 août dernier par les détecteurs VIRGO (Italie) et LIGO (États-Unis). Les deux instruments ont en effet réussi à détecter, chacun de leur côté, des ondes gravitationnelles témoignant d’une rencontre mouvementée dans une galaxie lointaine, à près d’un milliard d’années-lumière de la Terre. Probablement (99 % de chances) un accident impliquant un trou noir et une étoile à neutrons. Une première. Et forcément, entre les deux, il n’y a pas eu photo.

Les chercheurs se positionnent sur la nature de ces deux objets, ces nouvelles ondes gravitationnelles permettant d’estimer leur masse respective. « Nous n’avons jamais détecté de trou noir inférieur à cinq masses solaires ni d’étoile à neutrons supérieure à environ 2,5 fois la masse de notre Soleil, explique Susan Scott, principale auteure de l’étude. Sur la base de cette expérience, nous pensons avec certitude que nous venons de détecter un trou noir engloutissant une étoile à neutrons. Cependant, il y a la possibilité légère mais intéressante que l’objet avalé soit un trou noir très léger. Beaucoup plus léger que tout autre trou noir connu dans l’Univers ».

Il y a environ 900 millions d’années, un trou noir de taille moyenne aurait donc englouti une étoile à neutrons, et « comme Pac -Man, il l’a probablement étouffée instantanément », poursuit la chercheuse. Elle note cependant n’avoir pas encore eu de « confirmation visuelle » de l’événement. Les données sont encore en cours d’analyses, et les résultats devraient prochainement faire l’objet d’une ou plusieurs publications scientifiques.

trou noir
C’est dans cette galaxie lointaine, à environ 900 millions d’années-lumière, que la rencontre entre ces deux objets massifs aurait eu lieu. Crédits : UCSC

Une nouvelle fenêtre sur le cosmos

Rappelons que les détecteurs LIGO et VIRGO nous ont déjà permis les détections de fusions de trous noirs (une première fois en 2015). Plus récemment, nous avons également été témoins de la rencontre entre deux étoiles à neutrons. Ces ondes, théorisées par Einstein il y a un peu plus de 100 ans, nous permettent aujourd’hui d’ouvrir une fenêtre nouvelle sur le cosmos. Certains pensent que nous pourrions bientôt détecter des ondes gravitationnelles issues du Big Bang, ou même des ondes témoignant de la présence d’exoplanètes.

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