in

Ils créent un “alcootest” capable de détecter la présence de THC

Crédits : Pixabay

Des chercheurs ont développé un nouvel “alcootest” capable de détecter la présence de THC dans l’haleine des conducteurs. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue ACS Sensors.

Il existe actuellement plusieurs méthodes de dépistage de stupéfiants. Les analyses d’échantillons de sang ou d’urine, par exemple. Mais celles-ci ne peuvent être entreprises directement sur le terrain. Il existe également des tests salivaires, capables de détecter si vous avez consommé certaines drogues au cours des dernières heures. Mais la technique n’est pas fiable à 100 %. Vous pourriez en effet être testé·e positif après avoir ingéré un Dafalgan codéiné pour une rage de dents, par exemple. Ce que proposent aujourd’hui des chercheurs, c’est un nouveau dispositif capable de détecter, directement sur place, la présence de THC dans l’haleine des conducteurs.

Des nanotubes de carbone

Cette étude s’inscrit dans un contexte américain. Nous savons en effet que de plus en plus d’États légalisent la marijuana à des fins récréatives. Aussi, nombreux sont celles et ceux qui s’inquiètent des répercussions de cette largesse juridique sur le comportement des consommateurs sur la route. Les niveaux de THC qui constitueraient une conduite dangereuse font encore débat outre-Atlantique, mais la création d’un dispositif capable de les jauger constituerait un premier pas important pour s’assurer que les consommateurs ne conduisent pas sous l’influence de la drogue.

Ce dispositif, des chercheurs de l’Université de Pittsburgh viennent de le mettre au point. Le prototype ressemble à un alcootest classique. Avec un boîtier en plastique et un embout buccal. À l’intérieur du dispositif sont placés des nanotubes de carbone capables de détecter avec précision d’éventuelles molécules de THC qui viendraient se lier dessus. De quoi faire la différence avec des molécules de dioxyde de carbone, d’eau, d’éthanol, de méthanol ou d’acétone.

alcootest THC
Ervin Sejdic et Alexander Star présentent le prototype de leur dispositif de détection du THC. Crédits : Université de Pittsburgh

Un dispositif très précis

Selon les chercheurs, les premiers tests ont révélé que ce prototype était aussi précis que la technique dite de spectrométrie de masse. Elle est aujourd’hui la référence en matière de détection de THC. « Les nanotubes de carbone semi-conducteurs que nous utilisons n’étaient pas disponibles il y a quelques années encore, explique Sean Hwang, principal auteur de l’étude. Nous avons utilisé l’apprentissage automatique pour apprendre à l’alcootest à reconnaître la présence de THC en fonction du temps de récupération des courants électriques, même lorsqu’il y a d’autres substances, telles que l’alcool, présentes dans l’haleine ».

Les chercheurs continuent actuellement les tests de leur prototype, s’assurant de sa fiabilité sur un plus long terme. Ils envisagent ensuite la mise en circulation de ces nouveaux dispositifs, avec toujours cet objectif de rendre les routes plus sûres.

Articles liés :

Même un peu d’alcool augmente le risque de fausse couche

Un premier décès lié à l’usage de la cigarette électronique ?

On fumait déjà du cannabis il y a 2 500 ans