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L’île la plus au nord du globe a subitement disparu, mais pourquoi ?

Image illustrative. Crédits : surangaw/iStock

Considérée comme l’île la plus au nord du monde, « Qeqertaq Avannarleq », ce qui signifie « île la plus septentrionale », a tout bonnement disparu. Les scientifiques se sont interrogés quant aux raisons possibles d’un tel évanouissement. Dépêchés cet été dans cette région froide du globe en quête de réponses, ils sont parvenus à déterminer la cause de ce phénomène, exposée dans The Conversation. Et leur conclusion est finalement plus simple que ce à quoi nous pouvions nous attendre.

Le cas des « îles fantômes » relatées au cours du siècle dernier

Depuis les années 1930, plusieurs îles ont été repérées, puis perdues, prenant par conséquent le statut d’« îles fantômes ». Ce fut le cas lors d’une expédition lancée au-dessus du Grand Nord en 1931. À bord d’un dirigeable, des experts ont survolé la mer de Barents avec pour objectif de détailler en profondeur les cartes géographiques existantes dépeignant les contours de cet espace relativement désert et peu connu (la partie de l’océan Arctique au nord de la Russie et de la Norvège).

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Crédits : Alhontess/iStock

À l’aide d’une caméra grand-angle, l’équipe scientifique de l’époque a filmé la zone avec minutie. En comparant les anciens relevés et leurs observations directes, ils se sont alors rendu compte que deux îles manquaient à l’appel : Albert Edward Land et Harmsworth Land. Sans chercher de raison physique propre à cela, ils en ont (hâtivement) conclu que les précédents cartographes avaient dû succomber à quelque hallucination.

Le mystère enfin dévoilé

Des spécialistes suisses, groenlandais et danois se sont donc réunis en 2022 pour lever le voile sur les étranges disparitions de ces îles. Partie sonder les terres subpolaires du Nord au moyen d’équipements lasers de pointe, l’équipe a alors analysé la densité des glaces et examiné les eaux gelées du monde boréal.

Grâce à leurs résultats, ils ont ainsi mis fin à toutes les suppositions mystiques censées expliquer ce mystère. René Forsberg, chercheur au Département de la recherche et de la technologie spatiale (DTU Space), relate cette trouvaille dans un journal danois. « Nos travaux montrent sans équivoque que toutes ces “îles” signalées sont des icebergs plats ».

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Crédits : Neorodan/iStock

Ces îles n’en sont donc pas vraiment au sens strict du terme. Ces icebergs, d’une épaisseur 20 à 30 mètres, sont formés de glace dont le sommet aplani est recouvert de terres et de roches arrachées lors de leur séparation brutale avec les continents. Après des années restés en partie émergés, ils finissent par s’amenuiser et être engloutis par les eaux. Ces évanouissements sont donc des phénomènes plutôt courants, surtout depuis que le changement climatique précipite les températures atmosphériques et océaniques globales à la hausse.

Changement de propriétaire pour le record de l’île la plus au nord

Désormais, l’île la plus septentrionale du monde se trouve à 707 km du Pôle Nord. Baptisée Kaffeklubben en 1921, lors de sa découverte, cette terre inhabitée est, a contrario des « îles fantômes », une zone émergée dont les fondations reposent sur une croûte terrestre.