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Il y a 66 millions d’années, l’astéroïde a produit un tsunami mondial. Voici comment il s’est propagé

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Crédits : serpeblu/iStock

À la fin du Crétacé, il y a environ 66 millions d’années, l’impact de l’astéroïde près de la péninsule du Yucatan aurait produit un tsunami mondial 30 000 fois plus énergique que n’importe quel tsunami moderne produit par des tremblements de terre, d’après une étude qui souligne la formation de vagues gigantesques.

Un astéroïde d’environ quatorze kilomètres de diamètre est impliqué dans l’extinction de masse du Crétacé/Paléogène il y a environ 66 millions d’années. L’impact a provoqué des fluctuations de température globales, de grands panaches d’aérosols, de suie et de poussière, ainsi que des incendies de forêt provenant d’éjecta qui rentrait dans l’atmosphère. Nous savons également que l’impact a généré un tsunami massif. Sur ce dernier point, cependant, les simulations antérieures n’avaient jusqu’à présent pu décrire que les effets « locaux » de cet événement, dans les limites du golfe du Mexique.

Dans le cadre d’une nouvelle étude publiée dans la revue AGU Advances, des chercheurs de l’Université du Michigan ont modélisé les effets globaux de ce tsunami généré par un astéroïde ayant percuté la Terre à 43 000 km/h.

Un mur d’eau de près de 5 km de haut

L’équipe a calculé l’énergie initiale de l’impact du tsunami, constatant qu’elle était jusqu’à 30 000 fois supérieure à l’énergie du tristement célèbre tsunami de 2004, généré par un tremblement de terre dans l’océan Indien. L’impacteur aurait heurté une croûte riche en granit recouverte de sédiments épais et d’eau peu profonde, creusant un cratère d’une largeur estimée à cent kilomètres tout en éjectant des nuages ​​denses de poussière et de suie dans l’atmosphère.

Environ 2,5 minutes après la frappe, tous les matériaux déplacés auraient poussé un mur d’eau hors du site d’impact, créant une vague de près cinq kilomètres qui se serait très vite affaissée à mesure que les éjectas retombaient. Dix minutes après l’impact, des vagues de près de 1,5 km de haut auraient parcouru environ 220 km, rayonnant dans toutes les directions à partir du site d’impact.

Moins d’une heure après l’impact, le tsunami se serait ensuite propagé à l’extérieur du golfe du Mexique, dans l’Atlantique Nord, avec des vagues mesurant environ dix mètres de haut.

Trois heures plus tard, ces vagues auraient traversé la voie maritime d’Amérique centrale, un passage qui séparait à l’époque l’Amérique du Nord de l’Amérique du Sud, et le Pacifique. Une vingtaine d’heures plus tard, elles auraient parcouru presque toute l’étendue des océans Pacifique et Atlantique, frappant désormais aux portes de l’océan Indien (des deux côtés), mais avec beaucoup moins de virulence.

Environ 48 heures après l’impact, la plupart des côtes du monde auraient été touchées par les vagues. Cependant, les régions de l’Atlantique Sud, de l’océan Indien et de l’actuelle mer Méditerranée auraient été largement épargnées.

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Perturbation modélisée du tsunami quatre heures après l’impact. Crédits : Range et coll. dans AGU Advances, 2022
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Perturbation modélisée du tsunami 24h après l’impact. Crédits : Range et coll. dans AGU Advances, 2022

Des traces visibles dans les sédiments

Les chercheurs ont également soutenu leur modélisation informatique en enquêtant sur les archives géologiques d’une centaine de sites à travers le monde. Ils ont plus particulièrement examiné les carottes prélevées dans les « sections frontières » qui sont des sédiments marins déposés juste avant et juste après l’impact de Chicxulub. Cette enquête a confirmé les prédictions du modèle concernant la trajectoire et la puissance du tsunami généré par l’impact.

Certaines des preuves géologiques les plus importantes se trouvaient à 12 000 km du cratère sur les rives orientales de Nouvelle-Zélande. Les scientifiques y ont trouvé des sédiments fortement perturbés qui étaient auparavant considérés comme le résultat d’une activité tectonique locale. En réalité, l’âge et l’emplacement de ces dépôts les plaçaient directement sur le chemin de ces vagues gigantesques déclenchées par l’astéroïde.