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Il y a 30 ans, Voyager 2 survolait Neptune

La planète Neptune. Crédits : ESO / P. Weilbacher (AIP)

Le 25 août 1989, la sonde Voyager 2 de la NASA effectuait un survol rapproché de Neptune. Une première qui nous aura permis de nous familiariser avec la huitième et dernière planète de notre système.

La sonde Voyager 2, à la dérive depuis plus de 40 ans, évolue depuis quelques mois dans l’espace interstellaire. Tout comme sa sœur, Voyager 1, la sonde avait entre autres pour objectif de collecter des données sur les planètes extérieures. À savoir Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Les quatre géantes de gaz qui à l’époque étaient encore largement inexplorées. Lancée le 20 août 1977, Voyager 2 atteindra Neptune 12 ans plus tard, le 25 août 1989, nous dévoilant un monde incroyablement bleuté. Depuis, aucune autre sonde n’a visité la géante. Voici ce que nous avons appris à l’époque.

Des anneaux, des lunes, et plus encore

Tout d’abord, Neptune avait bel et bien un système d’anneaux, à l’instar de Saturne ou Jupiter. On soupçonnait la présence de ces structures – quatre au total – avant l’arrivée de la sonde, mais nous n’avions jamais eu de confirmation visuelle. Les particules qui composent ces anneaux sont en effet trop fines pour être observées depuis la Terre. Nous avons également détecté et mesuré le champ magnétique de la planète, et pu analyser son atmosphère. Des vents soufflant à plus de 2 000 km/h ont même été détectés.

On souligne également les découvertes de neuf nouvelles lunes. Nous savons désormais que Voyager 2 en a loupé une dernière. Il y a quelques mois en effet, une nouvelle technique d’imagerie a permis d’appréhender un dernier objet, baptisé Hippocampe. La lune, de 35 kilomètres de diamètre seulement, évolue à 4,5 milliards de kilomètres de Neptune. Pas étonnant que nous soyons passés à côté tout ce temps, donc.

Voyager 2 a également profité de son passage dans le coin pour survoler la plus grande lune de Neptune, Triton. Un survol à 39 790 km de distance qui fut l’occasion de constater la présence de geysers actifs, expulsant des matériaux intérieurs dans la petite atmosphère de la lune. Triton aurait donc un océan souterrain. La température de surface mesurée – moins 235 degrés Celsius – est, notons-le, la plus froide jamais détectée sur un corps céleste du système solaire.

Voyager 2 a pris cette photo de Neptune quelques jours avant son approche, programmée au 25 août 1989. On y voit notamment la “Grande tache sombre”, une gigantesque tempête. Crédits : NASA/JPL-Caltech

Retourner sur Neptune ?

Il y a quelques années la NASA exprimait son intention d’envoyer un orbiteur et une sonde atmosphérique sur Neptune (et Uranus) d’ici à 2030 pour étudier ces systèmes plus en profondeur. Comprendre comment ces deux géantes se sont formées pourrait notamment permettre aux chercheurs d’en apprendre davantage sur les milliers d’exoplanètes répertoriées à ce jour, dont la plupart sont de la taille de Neptune. Pour l’heure, ce ne sont que des idées sur la table, et aucune mission concrète n’a été confirmée.

Il serait également question d’envoyer une sonde sur Triton, visant à déterminer son potentiel d’habitabilité. Des astronomes du Jet Propulsion Laboratory de la NASA ont en effet présenté un concept de survol il y a quelques mois. La sonde pourrait également rendre visite à Io, la lune volcanique de Jupiter, et à Vénus, au cours de son périple. Encore une fois, rien de confirmé ici. Mais si la mission vient à se faire, il faudra se décider rapidement. Triton est en effet sujette aux changements de saisons. Si nous voulons analyser les panaches de la lune repérés par Voyager 2, nous devrons arriver sur place avant 2040. Sinon, il faudra encore patienter 80 ans.

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