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Il y a 12 000 ans, cet humain portait déjà des piercings au visage

Excavation du squelette Olduvai Hominid 1 en 1913. Crédits : Jean-Bernard Huchet, via ResarchGate

L’analyse des dents d’un humain vivant il y a environ 12 000 ans suggère qu’il arborait trois piercings au visage.

Olduvai Hominid 1 – ou OH1 est un spécimen humain découvert en 1913 dans les gorges d’Olduvai, en Tanzanie. Les premières analyses ont confirmé qu’il s’agissait d’un jeune homme décédé il y a environ 12 000 ans. Cependant, bien qu’étant assez complets, les restes de cet individu n’ont réellement été étudiés qu’à partir des années 90 grâce aux nouvelles techniques d’analyse.

En 1993, les chercheurs ont alors tout de suite remarqué que les dents de l’individu étaient particulièrement abîmées. À l’époque, on soupçonnait que cette usure dentaire était due à la mastication de plantes dures. Mais pour John Willman, de l’Université de Coimbra au Portugal, qui a récemment eu accès aux restes fossilisés d’OH1, l’explication est tout autre.

Trois piercings au visage

Ce chercheur a passé une grande partie de sa carrière à étudier les premiers peuples autochtones du Canada qui portaient souvent des piercings faciaux. Ces ornements, explique-t-il, avaient tendance à laisser des traces distinctives sur les dents des concernés. Et, semble-t-il, OH1 souffrait des mêmes problèmes dentaires.

Dans le cadre de cette étude, publiée dans l’American Journal of Physical Anthropology, Willman et son équipe ont réexaminé les dents et la mâchoire du spécimen. Ils ont effectivement constaté que les incisives étaient particulièrement creusées à l’avant, tout comme les prémolaires et les molaires sur les côtés. Ce modèle d’usure, selon eux, suggère que ce jeune homme arborait au moins trois piercings faciaux : un “labret” à travers la lèvre inférieure, et un piercing dans chaque joue.

Malheureusement, ces ornements n’ayant pas été conservés, on ne peut déterminer ni leur forme, ni de quelle matière ils étaient constitués.

Notons que ce ne sont pas les plus anciennes preuves témoignant de cette pratique dans l’Histoire. Des analyses suggèrent en effet que certaines personnes en Europe centrale portaient déjà des piercings il y a 25 000 ans. Cependant, l’OH1 est « le plus ancien exemple d’Afrique que nous connaissons », assure John Willman.

dents piercings
Ces marques d’usure sur les dents de la mâchoire inférieure d’OH1 ont été faites par des piercings faciaux. Crédits : American Journal of Physical Anthropology

Une procédure risquée

On rappelle que ce type de modifications corporelles, très à la mode aujourd’hui, n’est pas sans danger pour la santé.

Tout d’abord, la procédure elle-même peut entraîner des déchirement de vaisseaux sanguins et de nerfs, notamment dans les joues. Les traumatismes dentaires peuvent également aller de la simple usure à la fissure, ou même la fracture. Au niveau des gencives, on constate des risques de récession ou de déchaussement liés au frottement avec le bijou.

Enfin, au-delà des risques liés à la santé dentaire, les piercings oraux peuvent également favoriser les risques d’infections localisées ou systémiques, comme le tétanos, le VIH, les hépatites B et C, et bien d’autres. Sans oublier le risque d’allergie au matériau du bijou ou aux produits utilisés pour la désinfection. En cas de doute, n’hésitez pas à en parler avec votre dentiste.

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