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Il y a 10 000 ans, on utilisait déjà des porte-bébés

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Crédit : Université de Montréal

On a longtemps supposé sur nos ancêtres devaient avoir besoin de quelque chose pour transporter leurs bébés lorsqu’ils se déplaçaient. Jusqu’à présent, il existait cependant peu de preuves tangibles permettant de le confirmer. De nouvelles recherches vont en ce sens, plaidant en faveur de preuves de l’utilisation de porte-bébés il y a environ 10 000 ans. Les détails de l’étude sont publiés dans le Journal of Archaeological Method and Theory.

Les ornements personnels sont considérés comme des indicateurs d’identité sociale et de personnalité dans de nombreuses cultures. Chez les chasseurs-cueilleurs modernes, ces ornements impliquent souvent des perles utilisées pour tisser et entretenir des liens sociaux, mettre en valeur le soi ou agir encore comme protection contre le mal. Sur la base de ces exemples ethnographiques, les archéologues ont supposé que des ornements avaient également été créés et utilisés pour les mêmes fonctions chez nos ancêtres.

Sur le plan archéologique, les ornements sont omniprésents du Pléistocène supérieur à l’Holocène. Comme ils fournissent des informations importantes pour comprendre l’évolution des comportements, des identités sociales et des pratiques modernes, les archéologues se sont attachés à documenter leur usage. Malheureusement, ces perles individuelles sont le plus souvent dispersées dans les archives archéologiques, ce qui limite notre compréhension sur la façon dont elles ont été exposées.

Pour obtenir ce type d’informations, les archéologues doivent se fier aux perles retrouvées dans les sépultures primaires, car seuls ces contextes peuvent préserver la position dans laquelle elles ont été placées en premier lieu. Une étude récente présente un enregistrement détaillé de plusieurs de ces ornements en association directe avec un nourrisson de sexe féminin d’une quarantaine de jours baptisée Neve enterrée il y a environ 10 000 ans sur le site d’Arma Veirana, en Italie.

Un porte-bébé décoré pour protéger du mal ?

Dans le cadre de ces travaux, des chercheurs de l’Université de Montréal ont utilisé un modèle de photogrammétrie 3D haute définition de l’enterrement combiné à des observations microscopiques et des analyses microCT des perles pour en documenter les détails .

Les résultats montrent que les perles ont été cousues sur le morceau de cuir ou de tissu qui a été utilisé pour envelopper l’enfant pour son enterrement. La plupart de ces perles étant très usées, les chercheurs suggèrent qu’elles ont été portées pendant une durée considérable par quelqu’un dans la communauté avant d’être finalement enterrées avec l’enfant.

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Illustration de l’enterrement de Neve accompagné d’un tissu décoré. Crédits : Université de Montréal

Le fait qu’elles l’accompagnent laisse les archéologues à penser que ces ornements avaient été cousus sur une écharpe, éventuellement utilisée pour garder l’enfant près des parents tout en permettant leur mobilité.

« Compte tenu de l’effort nécessaire pour créer et réutiliser des perles au fil du temps, il est intéressant que la communauté ait décidé de s’en séparer lors de l’enterrement d’un si jeune individu« , notent les auteurs. « Nos recherches suggèrent que ces perles et pendentifs ornaient probablement le porte-bébé de ce nourrisson qui a été enterré avec lui. »

En s’appuyant sur des observations ethnographiques sur la façon dont les porte-bébés sont ornés et utilisés dans certaines sociétés populations modernes de chasseurs-cueilleurs, les archéologues suggèrent que les parents de Neve ont peut-être décoré son porte-bébé de perles pour la protéger du « mal ». Sa mort signifiant que ces perles avaient échoué, il aurait donc été préférable de les enterrer avec l’enfant plutôt que de les réutiliser.