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Il pourrait y avoir 100 millions de trous noirs dans la Voie lactée

Il pourrait y avoir jusqu'à 100 millions de trous noirs dans la Voie Lactée. Crédits : Pixabay

On ne connaît qu’une poignée de trous noirs dans la Voie lactée, mais une étude récente suggère qu’il pourrait y en avoir beaucoup plus : jusqu’à cent millions. Et nous pourrions bientôt être en mesure de les détecter.

Rien n’échappe au trou noir : ni la matière ni la lumière. C’est pourquoi il est si difficile de les identifier. Néanmoins, lorsqu’ils sont en train de “manger”, les trous noirs peuvent émettre des rayonnements. Des longueurs d’onde que nous sommes en mesure d’enregistrer. Ils peuvent également “cracher” de la matière et modifier leur environnement proche grâce à leur incroyable force gravitationnelle. Grâce à ces trois options, nous savons désormais qu’il existe un objet supermassif posté au cœur de notre galaxie. Plusieurs dizaines d’autres trous noirs environ quinze fois plus massifs que le soleil ont également été repérés par les astronomes. Tous ont été trahis par leur comportement, mais il pourrait y en avoir beaucoup plus, plus calmes, errant seuls dans l’espace interstellaire.

Jusqu’à 100 millions de trous noirs

C’est en tout cas l’avis des astronomes Daichi Tsuna et Norita Kawanaka, des Universités de Tokyo et Kyoto. Les chercheurs basent leur estimation sur le nombre d’explosions stellaires opérées au cours de ces derniers millions d’années. D’après eux, il y en aurait eu environ 20 000. En extrapolant ces chiffres avec l’âge de notre galaxie, ils suggèrent alors que jusqu’à cent millions de trous noirs pourraient se cacher dans la Voie lactée, dont la plupart évolueraient près du centre galactique où les explosions sont plus fréquentes. Les chercheurs proposent même que nous puissions un jour en détecter plusieurs centaines.

Crédits : Pixabay / 95C

Le futur plus grand radiotélescope du monde

En se déplaçant dans la galaxie, ces objets seraient effectivement en mesure d’accumuler de la matière (gaz, poussière et rayons cosmiques) interstellaire, remplissant l’espace entre les étoiles. Les “signes” de ces activités (rejets de matière, rayonnement x) seraient incroyablement faibles et donc très difficiles à mesurer. Mais pour ce faire, Tsuna et Kawanaka évoquent la prochaine mise en service du Square Kilometre Array. Il s’agit d’un projet de radiotélescope géant dont la surface collectrice est équivalente à un kilomètre carré. Sa mise en service est prévue à l’horizon 2024.

À ce stade (phase 1), le réseau de télescope ne proposera que 10% de sa capacité, mais il devrait être suffisamment sensible pour déceler une trentaine de ces trous noirs errants. À terme, avec la pleine puissance de ce radiotélescope, nous pourrions en détecter des milliers. Certains pourraient même se cacher dans le voisinage solaire. Pas trop près, on l’espère. On rappelle qu’actuellement, le trou noir stellaire le plus proche de la Terre (V616 Monocerotis) se positionne à environ 3 000 années-lumière du soleil.

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