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Il ne reste qu’une dizaine de ces petits cétacés dans la nature

Crédits : Wikipédia

Au cours des dernières décennies, les pêcheurs ont poussé le marsouin vaquita au bord de l’extinction, braconnant une autre créature marine en danger critique : le totoaba. Il ne resterait qu’une dizaine de ces petits cétacés à l’état sauvage.

Le totoaba est un poisson prisé en mer de Cortez, également appelée golfe de Californie. Sa vessie se vend en effet à prix d’or au marché noir chinois, considérée par beaucoup comme un mets de luxe. La vessie retirée est ensuite cachée dans les bateaux par les contrebandiers avant d’être transférée vers la Chine. Les restes de cadavres, eux, sont rendus à la mer. Une industrie impitoyable qui fait de malheureuses victimes collatérales : les marsouins vaquita.

Une dizaine d’individus dans la nature

Capturés dans des filets destinés au totoaba, la grande majorité de ces petits cétacés à dents ne survivent pas. Des prises accessoires qui pourraient bientôt avoir raison de l’espèce. Selon les dernières estimations, il ne resterait que 10 individus dans la nature. Certains estiment qu’ils sont un peu plus – peut-être une vingtaine. Quoi qu’il en soit, l’espèce est d’ores et déjà condamnée si des mesures ne sont pas mises en place immédiatement.

Ces décisions, le nouveau président mexicain, Andrés Manuel López Obrador, est désormais à même de les prendre. Le sort du petit marsouin représente en effet une opportunité politique. S’il ne fait rien, l’homme pourrait présider la première extinction de mammifères marins en Amérique du Nord depuis des décennies ou, en cas d’action en leur faveur, sauver l’un des symboles nationaux du Mexique. Une impulsion américaine pourrait d’ailleurs aider à faire pencher la balance.

vaquita
Crédits : SEMARNAT/Flickr

Des mesures drastiques

Il y a quelques mois en effet, le Tribunal de commerce international des États-Unis a temporairement interdit les importations de produits de la mer en provenance du Mexique, capturés dans la mer de Cortez avec des filets maillants. Il n’a pas fallu longtemps pour que le secteur de la pêche dans la mer de Cortez soit durement touché. À ce jour, on estime qu’environ 1 400 tonnes de fruits de mer d’une valeur de 300 millions de dollars ont été bloquées. De son côté le célèbre détaillant d’épicerie Trader Joe’s a également interdit l’importation de la crevette bleue de la mer de Cortez pour ses magasins, conscient que les marsouins vaquitas étaient victimes de ces mêmes filets maillants.

Pour endiguer le problème, plusieurs actions peuvent être mises en place. Le nouveau président mexicain pourrait, par exemple, interdire purement et simplement la possession de filets maillants. Ce faisant, il pourrait ainsi résoudre son différend commercial avec les États-Unis. Des fonds supplémentaires pourraient être alloués dans le but de récupérer en mer les filets “fantômes”. Et enfin, notons que les images vidéos révélant des activités de pêche illégale ne sont actuellement pas recevables devant un tribunal. En les autorisant, il pourrait alors permettre les arrestations de pêcheurs pour braconnage.

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