in ,

Il guérit accidentellement de son arachnophobie après une intervention chirurgicale

Crédits : 631372 / Pixabay

Un quadragénaire a vu sa peur panique des araignées disparaître après une intervention chirurgicale d’urgence. L’évènement n’est cependant qu’un effet secondaire imprévu et sera difficilement reproductible.

La nouvelle pourrait faire espérer les phobiques de tous poils, étant donné qu’elle constitue un cas avéré et — partiellement — explicable de guérison spectaculaire ; le prix à payer étant l’ablation d’une partie du cerveau, il n’est toutefois pas dit que les volontaires se bousculent.

Les données proviennent d’une étude menée par le Dr Nick Medford, chercheur en neuropsychiatrie et imagerie neurologique. Medford y détaille le cas d’un homme de 44 ans hospitalisé suite à une série de crises d’épilepsie, et dont les scans cérébraux révélèrent une anomalie dans son amygdale gauche : cette partie du système limbique se situe à la base du lobe temporal et gère entre autres la reconnaissance des émotions.

Des examens plus poussés permirent de diagnostiquer une forme rare de sarcoïdose, une maladie inflammatoire touchant habituellement les poumons. Le Dr Medford prit alors la décision de retirer l’amygdale endommagée, et l’opération fut un succès.

Une perte d’instinct?

Au bout d’une semaine, le patient réalisa que son aversion pour les araignées avait disparu, devenant même fasciné par ces créatures ; il put alors les toucher et les prendre entre ses mains. Changement tout aussi radical, l’homme avait soudain un dégoût viscéral pour la musique. Le deuxième effet s’est rapidement estompé, mais l’arachnophobie semble avoir définitivement disparu.

Pour expliquer de tels bouleversements dans la perception, le Dr Medford met en avant les types de peur et les parties cérébrales qui y sont associées.
Ainsi, la peur panique se déclenche dès que le cerveau croit percevoir un danger : « C’est comme voir un serpent et reculer d’un bond, avant de réaliser que ce n’était qu’un bâton », explique l’expert au New Scientist. La réponse manque de précision, mais constitue un outil de base pour la survie. « Vous avez ensuite la peur-appréhension, nuancée et plus précise, mais qui s’acquière avec le temps. »

Des résultats incomplets

Medford suggère donc qu’une partie du réseau conduisant la peur panique a été détruite lors de l’ablation de l’amygdale gauche, tandis que le siège des peurs réfléchies est resté intact ; l’homme reste notamment angoissé de parler en public.

En l’état, les analyses ne permettent pas de poser de conclusions certaines, notamment en ce qui concerne l’ampleur des changements intervenus chez le patient du Dr Medford. La chirgurie cérébrale n’étant pas rare dans le cas des patients sévèrement épileptiques, le Dr envisage de confirmer la théorie par la pratique : « L’arachnophobie est également assez commune. On pourrait tester cette phobie ou d’autres avant et après chirurgie. »

Sources : New Scientist, Tech Times