Il est probablement temps de dire au revoir à Voyager 1

Voyager 1
Une illustration de la sonde Voyager 1 voguant dans l'espace interstellaire. Crédits : NASA/JPL-Caltech

Depuis plusieurs mois, la sonde Voyager 1, l’un des vaisseaux spatiaux les plus remarquables de l’histoire humaine, a cessé de transmettre des données. Bien que les scientifiques de la mission gardent un espoir ténu, ils se préparent mentalement à une éventuelle conclusion : dire adieu à cette pionnière.

Un problème de communication

Le Système de Données de Vol (FDS) est l’ordinateur de bord de Voyager 1. Sa fonction principale est de collecter, stocker et traiter les données scientifiques recueillies par les instruments à bord de la sonde. Il compile également des informations techniques sur l’état de l’engin spatial lui-même. Le FDS coordonne également les opérations des différents instruments scientifiques de Voyager 1. Il gère le flux de données provenant des instruments, les organise et les stocke pour une transmission ultérieure vers la Terre.

Pour transmettre ses données vers la Terre, le FDS communique avec l’Unité de Modulation de Télémétrie (TMU) qui est responsable de la transmission des données à la Terre. Depuis plusieurs mois, cependant, le système ne communique plus correctement avec le TMU. Le paquet de données transmis présente actuellement un modèle répétitif de uns et de zéros, ce qui bloque ainsi la transmission des informations.

Malheureusement, l’équipe de mission n’arrive toujours pas à régler le problème. La complexité de la situation est également exacerbée par l’âge et le matériel de la sonde qui date des années 1970.

Encore un mince espoir

Bruce Waggoner, responsable de l’assurance de la mission Voyager, a récemment exprimé sa tristesse et sa frustration face à l’absence de communication du vaisseau spatial. L’équipe, bien que fatiguée par des mois d’efforts, demeure néanmoins déterminée à trouver une solution, bien que l’espoir de communiquer à nouveau avec la sonde soit très mince.

Lancée en 1977, Voyager 1 avait accompli sa mission initiale avec brio et exploré les planètes géantes Jupiter et Saturne et fournissant des données cruciales sur leur atmosphère et leurs lunes. Par la suite, la sonde avait poursuivi son voyage dans l’espace interstellaire et offert des informations uniques sur les conditions au-delà de notre Système solaire. Elle vogue désormais, seule, à plus de 24 milliards de kilomètres de la Terre.

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Crédits : CreeD93 / Wikimedia Commons

Voyager 2 toujours opérationnelle

Si Voyager 1 succombe à ses problèmes, les chercheurs du programme Voyager soulignent toutefois que la mission ne prendra pas fin, car Voyager 2 continue à fonctionner normalement.

Pour rappel, la NASA avait également perdu le contact il y a quelques mois avec son vaisseau spatial après qu’une série de commandes planifiées l’ait amené à éloigner son antenne de la Terre d’environ deux degrés. Incapable de transmettre ou de recevoir des messages, Voyager 2 était donc à la dérive. La NASA lui avait alors envoyé l’équivalent d’un « cri » interstellaire à plus de 19,9 milliards de kilomètres afin de lui ordonner de se réorienter et de pointer son antenne vers la Terre.

Compte tenu de cette incroyable distance, il avait fallu 18,5 heures pour que le signal atteigne le vaisseau à la vitesse de la lumière (ou quasiment). Le signal de retour de la sonde était finalement revenu aux équipes après environ 37 heures. Dès lors, Voyager 2 avait pu commencer à rediffuser des données scientifiques et télémétriques.

En ce qui concerne la suite, la NASA assure que Voyager 2 dispose encore de suffisamment d’énergie électrique et de carburant pour poursuivre leurs opérations actuelles jusqu’en 2025 au moins.