L’IA va-t-elle prendre la place des pilotes dans les avions ?

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Crédits : Joao Carlos Medau / Wikimedia Commons

Les passagers seront-ils à l’aise avec le fait de n’avoir aucun pilote humain dans le cockpit de leur avion ? La question fait sens dans la mesure où certains constructeurs tels que Airbus développent de projets qui pourraient à terme remplacer les pilotes. Sans surprise, certaines voix se sont fait entendre contre cette initiative.

Vers une automatisation des vols commerciaux ?

L’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) fait déjà couler de l’encre dans le domaine de l’aviation. En 2021, nous évoquions par exemple des tests menés par la compagnie aérienne Alaska Airlines. L’objectif ? Utiliser l’IA pour économiser du carburant et réduire ainsi son impact sur l’environnement. En 2020, aux États-Unis, une IA pilote et un pilote de chasse humain se sont en outre affrontés lors d’une projection virtuelle.

Et si à terme, l’IA remplaçait les pilotes sur les lignes commerciales ? Après avoir travaillé sur son projet Attol entre 2018 et 2020, le constructeur Airbus est au cœur d’une autre initiative : Dragonfly. Il s’agit d’une technologie de vol autonome pouvant s’apparenter à une intelligence artificielle. Son but est d’automatiser certaines étapes de vol et éventuellement de prendre entièrement le contrôle de l’appareil dans certaines situations.

Évidemment, ce genre de projet n’est pas vraiment au goût aux pilotes qui voient leur profession menacée. Il faut dire que la possibilité de faire voler les appareils de façon autonome à l’aide d’une IA peut justifier cette crainte, malgré la tentative d’Airbus de rassurer son monde. Pour le constructeur, Dragonfly n’a en effet pas pour objectif de remplacer les pilotes.

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Crédits : Thanh Ho / iStock

Une initiative qui effraie les pilotes d’avion

Après l’annonce du projet dans un communiqué publié en janvier 2023, le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) en France a tout récemment lancé un signal d’alerte. La crainte réside dans le fait que Dragonfly peut choisir une nouvelle feuille de route tout en étant capable d’appréhender son environnement. Toutefois, l’initiative rencontre encore quelques obstacles, notamment celle incarnée par les régulateurs qui ne sont visiblement pas encore prêts à passer le cap.

« Ces tests sont l’une des nombreuses étapes de la recherche méthodique de technologies pour améliorer encore les opérations et améliorer la sécurité », avait déclaré Isabelle Lacaze, responsable du démonstrateur Dragonfly pour la filiale Airbus UpNext. Pour Airbus, les pilotes ne disparaîtront pas et Dragonfly a donc pour objectif principal d’améliorer la sécurité à bord. De plus, il faut savoir que le constructeur européen n’est pas le seul à travailler sur ce type de projet. Quoi qu’il en soit, les détracteurs continuent à voir ce type d’initiative comme un moyen pour les avionneurs de maximiser leurs profits, notamment en réduisant leur personnel.